le don

Publié le par extraits de marion

J'aime rentrer fatiguée. Ca veut dire qu'on m'a vu, qu'on m'a pompé toute mon énergie, que l'on m'ait détestée ou aimée. J'ai tant donné de ma personne qu'il faut que je passe la nuit seule au fond de mon lit à me ressourcer, grâce à des rêves qui resteront bien à moi. Cela afin de rester moi-même et de ne pas avoir besoin de prendre aux autres et m'approprier leurs gestes, leurs rires, leurs pleurs ou leurs mots.

Ce sont les hypocrites qui ne se donnent pas. Ils doivent être bien malheureux. Ils ont tellement avalé goulument les dons des autres qu'ils sont avares et égoïstes, et ont peur de donner d'eux. Leur personnalité est enfouie sous d'épaisses couches de mensonges, de déguisements et de textes empruntés. Ils ne respirent pas. Ils ne profitent pas, puisque tout ce qu'ils recoivent vient s'entasser sur les couches précédament citées.

Chacun a une dose limite de "don" à faire pendant la journée. Si je n'ai pas assez donné, alors je n'arrive pas à dormir. Il faut que je "donne" à tout prix, sinon je ne fermerai pas l'oeil. Ca peut être des pensées, jouer de la musique, écrire, pleurer, danser, chantonner doucement, plein de choses en somme... Mais pas n'importe quoi ni n'importe comment, sinon ça se perd dans le néant. Là, comme on peut aisément le voir, j'écris. Mon rêve est de mourir d'avoir trop donné.

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Publié dans mais que m'arrive-t-il

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M
Très chouette votre petite réflexion qui en est une grande !<br /> Marie.
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