"Angoisse : inquiétude métaphysique née de la réflexion sur l'existence". Oula...
Je ne suis pas inquiète, mais possédée par le démon de la trouille.
Vous me direz que j'en fais un peu trop. Possible.
Ma logeuse me dit, après m'avoir fait bondir en entrant dans la cuisine sans faire de bruit, "tu n'as pas la conscience tranquille..." Elle me dit toujours ça "tu n'as pas la conscience tranquille" d'un ton joyeux et dégagé ; C'est possible :
1- Mon dernier meurtre date d'hier soir, je ne sais pas où la police en est de son glandouillage en-quêtistique. Ce n'est pas que j'ai peur d'être démasquée, mais aller expliquer les raisons de mon acte à la famille... pfff...
2- Ma mère ne va pas tarder à trouver que c'est moi qui ai enfermé ma soeur dans le placard de la cave en partant, il y a une semaine ~ je lui ai dit de ne rien dire sous peine d'une bonne grosse torture dont j'ai le secret ~. Bonjour le saxo...
3- Non en fait je ne vois pas.
En attendant, je bous. Je ne le supporte plus : avoir peur tout le temps pour tout et de tout, avoir la peur dans la peau, logée à la même enseigne que la musique et le théâtre, c'est invivable. Je ne peux pas faire un pas sans avoir le corps qui se tend comme une arbalète, l'oeil aux aguets, et toute mon attention bloquée sur un point fixe, comme s'il allait me sauter à la tronche d'un moment à l'autre, tel un diable dans l'esprit de Sarko. Non, là j'exagère.
C'est sur que voir une personne en proie à ce genre d'hallucinations trouillardes, je l'admet avec plaisir, constitue un bonheur continuel pour l'observateur tranquille.
Peut-être que c'est dans un désir de faire rire que je me pourris la vie, en fait?! Faudra que j'y réfléchisse.
Voilà, je suis une angoissée, la valise toujours faite, le pied dans le starting block, sur le départ, répondant par l'affirmative à toutes les propositions de fuite qui s'offrent à moi. Je ne peux pas rester chez moi à lire, alors que je sais qu'il y a un film dont je ne connais pas encore toutes les images, en bas là tout près de moi, et qu'il est si simple d'appuyer sur 3 boutons pour le voir m'absorber en un clin d'oeil. Il est devenu un réflexe que d'aller porter le malheur des autres, s'y abîmer dans les deux sens du terme, pour oublier que je tremble sous mes futals et ma peau douce, pour oublier la moiteur de mes mains et mes sursauts continuels, oublier tout, m'oublier, oublier d'avoir peur.
Je vais me trouver un psy, je crois...