Etre là
Au théâtre, je crois bien que tout se base là dessus : l'Être là. Dans ces deux petits mots doit rentrer toute l'intensité nécessaire à faire frémir chacun des specateurs au moindre sourcil levé.
Hier soir, au théâtre, c'est un peu sur cela que nous avons travaillé, en masques et en mime.
D'abord dans les échauffements, mais c'est quelque chose qui doit passer inaperçu chez pas mal de gens, il s'agit de marcher dans la salle, plus ou moins vite, en regardant bien dans la direction dans laquelle on va et en étant bien éveillés pour ne pas avoir à se cogner aux autres. Il ne faut pas croire, c'est un exercice difficile quand on est une vingtaine dans une petite salle sombre. On sent ceux qui sont là mais pas trop, ceux qui sont mous, ceux qui traînent la patte. Mais ceux-là étaient rares.
Je trouve ça épatant qu'on arrive à tous à courrir en même temps sans se foncer dedans, à réagir exactement dans le même instant aux demandes du prof, et à se concentrer dans un même souffle.
L'être là s'est aussi ressenti très fortement sur certaines personnes (pas sur toutes) dans un exercice de masques. Il fallait courir, s'arrêter net sur un quai, voir un bateau déjà loin qui s'éloigne, faire coucou à notre ami(e) qui est dessus, et repartir. En gros, ça voulait dire passer par trois étapes fluidement : désespoir, espoir, tristesse, avec un masque neutre sur la tronche. Pas facile, mais super intéressant.
J'y suis d'autant plus sensible que je viens de voir deux films avec la Binoche (les Hauts de Hurlevent et Le Chocolat), et j'ai pris ma claque deux fois. Dans ces deux films, Juliette Binoche, Johnny Depp et Ralph Fiennes ont une telle finesse de jeu... dans des personnages aussi forts et aussi marqués, complets, ils arrivent à avoir une discrétion délicate mêlée à une puissance ou à une intensité complètement folle.
Et nombreux sont les spectateurs qui voient des films comme des films "c'est pour de faux" etc. N'empêche vous n'arriverez jamais à me persuader que ce n'est pas le fantôme de Cathy qui fait peur au visiteur, ni que Vianne ne sait pas deviner quel est le chocolat que préfère tel ou tel client qui vient d'entrer dans sa boutique.
Deux photos pour le fun :
Le Chocolat

Les Hauts de Hurlevent

J'aime voir un acteur possédé par l'être-là, parce que quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise, je suis avec lui jusqu'au bout. J'aimerai avoir cette présence.
Hier soir, au théâtre, c'est un peu sur cela que nous avons travaillé, en masques et en mime.
D'abord dans les échauffements, mais c'est quelque chose qui doit passer inaperçu chez pas mal de gens, il s'agit de marcher dans la salle, plus ou moins vite, en regardant bien dans la direction dans laquelle on va et en étant bien éveillés pour ne pas avoir à se cogner aux autres. Il ne faut pas croire, c'est un exercice difficile quand on est une vingtaine dans une petite salle sombre. On sent ceux qui sont là mais pas trop, ceux qui sont mous, ceux qui traînent la patte. Mais ceux-là étaient rares.
Je trouve ça épatant qu'on arrive à tous à courrir en même temps sans se foncer dedans, à réagir exactement dans le même instant aux demandes du prof, et à se concentrer dans un même souffle.
L'être là s'est aussi ressenti très fortement sur certaines personnes (pas sur toutes) dans un exercice de masques. Il fallait courir, s'arrêter net sur un quai, voir un bateau déjà loin qui s'éloigne, faire coucou à notre ami(e) qui est dessus, et repartir. En gros, ça voulait dire passer par trois étapes fluidement : désespoir, espoir, tristesse, avec un masque neutre sur la tronche. Pas facile, mais super intéressant.
J'y suis d'autant plus sensible que je viens de voir deux films avec la Binoche (les Hauts de Hurlevent et Le Chocolat), et j'ai pris ma claque deux fois. Dans ces deux films, Juliette Binoche, Johnny Depp et Ralph Fiennes ont une telle finesse de jeu... dans des personnages aussi forts et aussi marqués, complets, ils arrivent à avoir une discrétion délicate mêlée à une puissance ou à une intensité complètement folle.
Et nombreux sont les spectateurs qui voient des films comme des films "c'est pour de faux" etc. N'empêche vous n'arriverez jamais à me persuader que ce n'est pas le fantôme de Cathy qui fait peur au visiteur, ni que Vianne ne sait pas deviner quel est le chocolat que préfère tel ou tel client qui vient d'entrer dans sa boutique.
Deux photos pour le fun :
Le Chocolat

Les Hauts de Hurlevent

J'aime voir un acteur possédé par l'être-là, parce que quoi qu'il fasse, quoi qu'il dise, je suis avec lui jusqu'au bout. J'aimerai avoir cette présence.
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