à Wastiaux
Voila un petit texte que j'ai failli donner à mon prof de pratique à la fac. Je l'aurais fait si ma note était fixée, ce qui n'est même pas encore le cas.
Je n'y comprends rien. Pour moi le théâtre c'est pas ça. Le bol que j'avais dans les mains était concret dans ma tête, dans mes yeux, dans vos yeux à tous et dans votre tête à tous. La preuve : vous saviez tous que c'était un bol et non pas une balle de golf, ni un mug. Alors où est le problème? Pourquoi est-ce que je ne pourrai pas m'en servir? Vous travaillez à fermer votre imagination et je vous dérange? Oh pardon, j'aurais dû m'en douter. Que je suis bête parfois...
Vous avez une classe dont l'ambiance est géniale, vous n'en profitez pas. Vous nous faites faire un "échauffement" inutile qui nous refroidit, et après c'est la pause. Vous humiliez ouvertement des gens qui ont eu le courage de montrer leurs (peut-être premiers) écrits si personnels. Vous créez des tensions et vous partez. Vous vous moquez et vous n'expliquez pas. Vous me bloquez.
Hier j'improvisais une fille en manque qui pétait un plomb et se transformait en pillule euphorisante. Aujourd'hui je n'arrive même pas à dire mon texte sans l'avoir sous les yeux, et ce n'est certainement pas la classe qui fait ça.
Ne me dites pas que vous n'avez pas compris d'où venait le fait que l'ambiance soit sans vagues. Ne me dites pas que vous ne voyez pas que vous servez à rien. Ne me dites pas que vous n'avez pas vu que vous renfermiez des gens déjà trop mal dans leur peau. Ne me dites pas que vous ne nous prenez pas pour des gamins trop cons pour comprendre votre pensée si élaborée, qui n'arrive même pas à terminer ses phrases. Ne me dites pas que vous n'avez pas risqué de dégoûter plusieurs personnes du théâtre. Ne me dites pas que vous méritez votre paye mensuelle. Ne me dites pas que vous méritez le vouvoiement que l'on vous accorde. Vous nous tutoyez, pourtant. On n'a pas gardé les cochons ensemble que je sache.
Avec tout le respect que je ne vous dois pas, vous êtes un imposteur et un destructeur, monsieur.