La madame aux camélias


Ces deux jeunes gens sont Mathieu Ganio et Clairemarie Osta, deux étoiles de l'opéra de Paris. C'étaient eux les deux protagonistes principaux, ce soir (la distribution change en fonction des représentations). Lui a à peine 20 ans, nommé étoile il y a peu. Il est beau comme un Dieu ~ promis juré, je l'ai vu à la sortie des artistes, c'est complètement fou, ce n'est pas possible d'être beau comme ça ~, a un cul de rêêêêêêêve, et, à mon plus grand désespoir, est homoseskuel. Elle, je ne sais pas très bien.
Autant vous dire que ma cousine Odile et moi, on a prit notre claque.
Encore une fois, il est très très difficile d'exprimer toute la beauté du spectacle. C'est la même chose à chaque fois que je vais voir un ballet de toutes façons, vous me direz...
C'était à l'opéra Garnier, et je n'y étais jamais allée. La salle était pleine à craquer ~ d'ailleurs on a eu un mal fou à trouver ces *** de places à 7 euros, on aurait dû se retrouver tout au fond et tout en haut, on a atterri dans la première loge côté jardin... le pied le plus total quoi. Surtout que les vieilles assises dans les fauteuils JUSTE DEVANT les notres, dans la même loge, ont payé les leurs dans les 45 euros... ~
Je ne savais pas de qui était le livret, mais en voyant le piano sur scène et en écoutant le thème, j'ai tout de suite reconnu Chopin. D'un autre côté, je me la pète mais ça ressemblait tellement à ses valses... pas très dur à deviner.
J'avais oublié que des corps pouvaient être aussi beaux, expressifs, et musicaux. Ils chantaient sur la musique, rebondissaient sur les allegros, et revenaient sur le sol avec une grace, une douceur et une classe somptueuse.
Une danseuse très jeune ~ tout le monde est jeune là dedans, mais elle particulièrement ~ a attiré mon regard. Elle avait ce petit quelque chose qui fait qu'on en oublie les étoiles : la fraîcheur. Elle n'était surement pas meilleure qu'une autre, mais elle avait une telle innocence que c'en était frappant.
Revenons à nos moutons étoiles. Elle m'a attiré le regard dès le début, parce qu'elle ressemble furieusement à une fille violoniste qui a été quelques années dans mon précédent orchestre, à Bordeaux. Mais la danseuse est bien plus belle et grâcieuse, bien sur. Lui, d'abord un peu raide sur les freinages ~ on dirait que je parle d'une course de bagnole, mais j'ai pas d'autre mot pour signifier l'arrêt brutal après avoir courru... : S ~ s'est avéré d'une beauté d'expression absolument folle. Il jouait à merveille, dansait comme on ne pourrait danser qu'en rêve, en volant et riant, aimant sa belle Marguerite. Autant j'ai trouvé que la danseuse rousse avait un sourire archi forcé de bout en bout, autant eux deux... ils étaient dans une spirale de grâce et de force unie et tourbillonnante et virevoltante, et...
Je vais me coucher, pour en rêver tout de suite.
Inutile de vous dire que si jamais, au grand jamais, vous trouveriez encore quelques places non-vendues... prenez-les...