musicos en plantation irrégulière et parabolique

Publié le par extraits de marion

C'est bien, je m'amuse à la chorale du théâtre... Les rangs se sont beaucoup éclaircis depuis les répétitions du nouveau spectacle, qui sera basé sur Brecht et Weill. En effet, les mélodies dissonantes ont un double inconvénient : il faut y être un minimum habitué pour les apprécier et c'est très dur à chanter (on a toujours tendance à descendre à la tierce, or il faut être parfaitement juste pour que ça ne soit pas cacophonique). Ces nouvelles chansons ont aussi des rythmes un peu plus précis et délicats que pour le premier spectacle. (Et là, on constate que beaucoup de comédiens manquent cruellement de rythme...) Moi, j'observe avec un sourire narquois:

Quand l'"assistante" du chef de choeur passe pour donner les papiers, on demande soit les paroles soit la partition (ça dépend si on sait lire la musique). Des nanas qui prennent les partitions sans savoir lire la musique font souvent des remarques qui leur cassent la baraque, du genre : "Aaaaaaaah... d'accoooooord... en fait ça descend sur le de de grande... moi je pensais que ça montait...". En fait, si t'as un peu de cervelle, tu peux piger un truc : t'as même pas besoin de savoir lire les notes pour te repérer sur une partition, il suffit de regarder les points noirs... ALLEZ, AU REVOIR!

La basse, dont la partie varie sur trois notes différentes grand max, se permet des moqueries envers les sopranes qui s'égosillent sur une mélodie sur-aigüe. Quand vient son tour de chanter seul (oui parceque les basses se relayent pour la présence en cours apparament), le voilà tout soupirs et tout perdu. Il faut noter que ce brave garçon a décroché un solo pour le spectacle...

La super-méga-castafiore-soprane aime chanter. Elle veut surement tenter la Star Ac', ou remplacer l'assistante du chef l'an prochain. Au choix. Alors voilà le pianiste qui donne la note, et là, très enthousiaste, la nenette balance la purée : faisant vibrer les murs, elle redonne la note, mais avec sa voix. Juste histoire de voir si elle l'a, normal quoi. Elle chante très fort, parce que même si elle chante faux, elle connaît la mélodie, elle est forte. Au fur et à mesure, notre partie étant essentiellement située dans les aigüs, genre super-aigüs, sa voix faiblit, inévitablement, et baisse d'un ton et demi, emportant avec elle... l'ensemble des sopranes. Le pianiste se marre, je lui fais un signe histoire de dire "je compatis". Lui qui est si bon, il est là 12h par semaine à souffrir le martyr... quel courage!

Terminons par la pépite du chef d'aujourd'hui, parlant aux alti : "Le le est trop tôt par rapport à la note" (nié??).

Beaucoup de gens voudraient apprendre, mais on n'a même pas commencé le travail que c'est déjà le spectacle et on n'a rien appris. En revanche, on rentre à la maison avec un petit DVD montrant notre performance pour papa maman, ou pour un éventuel casting... aïe aïe aïe...

Mais merci à tous les choristes, qui sont toujours là de bonne humeur et qui me font bien marrer.

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Publié dans mais que m'arrive-t-il

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L
Super le texte!! Il m'a bien fait rire... et puis c'est tellement ça... c'est tellement faux... je me demande comment les spectateurs vont pouvoir supporter... à moins de virer ceux qui chantent ultra faux ce qui équivaudrait à virer les 3/4 du cours... Par contre... permets-moi de te dire que je fais également partie de ces gens qui esquissent un petit sourire quand les sopranos font des tentatives (toujours vouées à l'échec) pour grimper dans les aigues... Je ne comprends pas pourquoi celles qui n' y arrivent pas s'obstinent à ce point??
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E
Moi j'essaye et n'y arrive pas toujours. Ceci dit je ne le ferai pas au spectacle si je ne suis pas sûre d'un bon résultat, parce qu'à de telles altitudes... enfin bref voilà tu m'a comprise.<br /> Et toi tu peux parler, mme qui fait sa difficile et se tire chez les ténors, hein? (gnac gnac gnac)