Gabegie
Je suis allée voir Gabegie 06, au théâtre de l'Ermitage, ma prof Céline Toutain jouait. Rapide présentation : 3 jours d'écriture, 4 jours de répétitions, une seule représentation : Gabegie 06 le mardi 7 février 2006 à 20h, thermomètre théâtral, prend la température de l'actualité semaine après semaine. RDV sur www.gabegie.com
Ca parle Sarko, Le Pen, banlieues... tout ça dans un humour noir qui fait rire mais qui rend mal à l'aise, pendant une heure, tout le temps de la représentation. C'est malsain, ça se glisse avec une suavité dégoûtante dans vos oreilles, ça transpire de partout, chaque mur, chaque table de l'endroit en est imprégné. Pas de chaise, alors c'est debout, tant pis, on s'en fout c'est pas le plus important. Mais à un moment ça devient insoutenable, la tête commence à marteller trop fort pour continuer à entendre ce qui se dit sur scène. Le plateau rouge agresse la pupille, les voix résonnent partout dans le corps, les regards ne sont pas bloquables à l'entrée de soi, les mouvements sont insupportables, il faut faire quelque chose, arrêter le mouvement, couper le courant, tirer la sonnette d'alarme. S'assoir, vite, le dos appuyé contre je ne sais pas quoi. Souffler doucement. Boucher ses oreilles. Fermer les yeux. La tête continue de tourner. Là, là... calme... Respire... Là... je ne veux plus en perdre une miette malgré tout, et la fin est une délivrance, malgré le dégoût de l'action. Dégoût? Peut-être aversion, ou peur, ou encore autre chose, je ne sais pas.
Bravo, mais c'était dur.