Le Terminus Necker

Publié le par Marionette

Le 10 juillet, Saubusse

Ca y est. C'est fini. Anne-Sophie nous a quitté cet après-midi, peu avant le crépuscule. Elle est partie dans la lumière, à pas feutrés, discrètement. Cela faisait presque 9 mois qu'elle livrait un combat acharné contre la Faucheuse. A moins que ce ne soit contre le Destin. Ou Dieu. Ou la Merde. Au choix, allez savoir. Je ne sais pas. Je ne sais plus.

Que dire? Que faire? Quoi penser? Rien. Pleurer, se vider de toute son eau salée jusqu'à l'épuisement, et écrire.





Faites silence,
Une fillette aux boucles d'or, une reine de bonheur, une perle de vie au goût salé, un soleil s'est éteint.

Faites silence,
L'actrice a joué son dernier rôle.

Faites silence,
L'assaillie est tombée l'épée à la main.

Faites silence,
La Mort a emporté le trésor qu'Elle convoitait.

Faites silence,
Une main toute puissante a élevé une tête blonde dans les étoiles.

Faites silence,

Une fillette est morte.

Faites silence,
Anne-Sophie est partie.

Faites silence, je vous dis, faites silence,
Une comédienne joue sa sortie.

Bon voyage, Anne-So, bon voyage.






Puis aller frapper dans des balles jaunes jusqu'à s'en décrocher les épaules, jusqu'à goutter de sueur sur le sol chaud, jusqu'à brûler ses pieds dans des baskets trop serrés, jusqu'à puer par tous les pores possibles, évacuer vite et à tout prix toute la colère contre l'Injustice, contre le Malheur, contre tout et contre rien, contre moi, et s'évanouir dans la piscine... et remercier ses cousins de leur présence, et de la force de leurs balles.
Et un petit mot aux parents.

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Publié dans extraits de ma tête

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A
On a beau déverser des torrents de mots, de larmes ou de cris, rien n'est jamais suffisant pour exprimer tout ce qui fait mal...Au travers de tes récits, tu nous l'avais rendue familière... Merci de l'avoir partagé avec nous...
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M
Merci, je suis contente de vous avoir donné des petits bouts d'elle avant qu'elle ne parte.
B
Tu nous l'as rendue un peu familière : je suis retournée, je pense à elle, fort ...
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M
Merci, Barbabulle.
J
Mes condoléances, c'est ce qu'on dit dans ces occasions-là, même si ce ne sont que des mots qui n'apaisent en rien la douelur, ni ne comblent le vide.J'espère que la plume et la raquette t'ont permis d'alléger un peu ta peine.bises
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M
Merci.
L
T'es belle quand tu es triste... ;-))) "J'ai ressenti ça pour un petit garçon qui est mort d'être devenu un homme ailleurs que dans ma mémoire"... Bises. 
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M
Je me souviens très bien... merci.
M
Que je comprends ce que tu écris!Bon courage Marion! On ne peut jamais se résoudre à accepter de telles injustices!Bon courage!
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M
Merci, toi aussi.