le billet bisounours de la semaine...
On n'est naît pas amis. On le devient.
Vous allez me dire "c'est très con, ça, comme phrase". Je vous l'accorde, c'est très con ; mais pas inutile (!).
Hier, on est allées voir un spectacle de musique Tzigane, avec ma pote de fac Valentine. Vous savez ce que c'est, les Tziganes avec leur musique, pas besoin de détailler... ils vous prennent par la main, et quand ils se mettent à chanter, on est prêts à tout quitter pour les suivre.
Mais quand le rideau tombe, on se dit... non. Ils vont repartir, on va rester. Parce que c'est comme ça depuis toujours. C'est comme un feu d'artifice : on l'attend, on l'espère, on est éblouis quand il explose, et il disparaît dans un nuage de fumée, comme s'il disait "haha on vous a bien eus, vous ne nous avez même pas vu partir!" Les Tziganes cherchent le soleil pour le marier avec la lune, et sont les seuls à pouvoir le faire, car leur musique les portent.
Ce sont les seuls à pouvoir partir sans être déchirés, parce qu'ils nourissent une cause la plus belle de toutes. Ce n'est pas qu'une légende...
Ce sont les seuls à pouvoir quitter des amis, parce qu'ils savent les choisir. Et alors ils savent que si jamais ils repassent par là... ils les retrouveront.
Mais pour nous, qui ne sommes pas sur les routes, qui sommes dans nos maisons pour allumer un feu, qui regardons les gens que nous cotoyons tous les jours sans jamais leur dire bonjour, nous sommes devenus frileux. Frileux du corps, frileux du coeur.
Alors oui, bien sur, des copains, ça, on en a à la pelle, mais QUI se donne la peine d'offrir son amitié?
Chacun a son petit groupe de potes, bien défini, et n'a pas besoin ni envie d'aller voir plus loin si telle ou telle personne ne serait pas, par hasard, un(e) ami(e) potentiel(le). Non, on a juste besoin de son groupe d'amis, et, autour, dans une sorte de cercle, les copains/potes/connaissances. Les gens avec qui on rigole et on s'engueule mais c'est tout.
On discutait de cela hier avec Valentine, et elle ~ qui est un peu plus âgée que moi ~ me disait que les gens ne s'investissaient pas.
Par exemple, quand on termine quelque chose, en l'occurence un semestre de pratique théâtrale avec un super groupe, l'idée de continuer n'aboutit pas parce que les gens se posent mille questions : mais comment ça? et pourquoi faire? mais on va pas rester ensemble toute notre vie? etc etc... tout ça pour une malheureuse semaine de stage...
Il faudrait croire alors que les gens n'en ont pas envie? J'en doute. Si cette semaine de stage est organisée, il y aura du monde. J'en suis sure. C'est juste par flemme de se sortir le doigt du cul, alors. Moi, je dis : "BIENVENUE A LA FAC DE THEATRE!!!"
Mais voilà, il y a des gens comme Valentine avec qui un dialogue se fait. Et ça donne envie de croire que l'on peut être amis avec d'autres gens que nos amis d'enfance. Et ça donne aussi en|vie d'offrir ce que l'on a. Il n'y a qu'avec les gens méchants que l'on est mal reçu, quand on donne son amitié. "Voilà, tiens c'est pour toi. Tu en fais ce que tu veux."
Mais comment le dire aux gens et qu'ils le croient?