Petit passage à l'écran
En ce moment, je fais un stage de cinéma.
C'est-à-dire qu'un mec vient à l'école avec sa caméra, et qu'il a une semaine pour nous faire jouer tous les 6 devant, seuls ou à plusieurs, capter des impros, des scènes non-écrites (mais déjà imaginées), etc.
On a fait deux jours d'improvisations. Comme il avait la fâcheuse manie de mettre au centre de tout une nana qui n'est même pas particulièrement exceptionnelle, ma pote Anne est allée dire hier, au début du cours, qu'elle commençait à en avoir marre et qu'il pourrait songer à arrêter son favoritisme/élitisme à deux balles. Donc hier, tout s'est bien passé.
Enfin presque.
On a fait 3 couples de 2, pour monter 3 petites scènes. Au moment de former les groupes, le caméraman me prend en première, et dit "Alors, qui on pourrait mettre avec Marion? A votre avis? Hein?"
Alors là, je n'ai pas trop mon mot à dire, alors je prie très très fort : "pas Paul, pas Paul, pas Paul, SVP s'il y a un Dieu sur terre ou je sais pas où, pas Paul. Je jure de ne plus être méchante, d'être une soeur modèle, de..." il enchaîne "moi, par exemple je la verrai très bien avec Paul."
Gasp.
La Terre s'écroule : il n'y a pas de Dieu dessus, ni ailleurs. Nan en fait ça je le savais avant.
Il se justifie : "Hier dans l'impro, quand tu es arrivée derrière lui et que tu lui a foutu une grande claque dans le dos, il a tiré une tronche hallucinante de surprise, et ce qui m'intéresse à part ce rapport de vieux potes ~ oh ta gueule, s'il te plaît ta gueule ~ c'est la différence d'énergie qu'il y a entre vous deux ~ c'est-à-dire que face à un légume, en même temps... c'est pas très compliqué ~."
Pour être rapide, simple et concis, Paul est d'une molesse désarmante, il n'est pas rasé, ~ je soupçonne très fort ~ pas lavé ~ du moins il sent mauvais ~, il a un tic dans la bouche trèèès désagréable, il est aussi facile à diriger qu'un cargo, il m'a fait mal sur scène dans une impro ~ on est censé faire SEMBANT de serrer le bras, hein, SEMBLANT! ~ et me fait peur quand il fait le mec sadique obsédé. Et j'avoue que l'idée de me retrouver proche physiquement de ce mec... eh ben... vous voyez, quoi.
Bref. Je me retrouve avec lui, et mes potesses n'ont pas du tout l'air de compatir avec ma situation.
Je vous jure, je me maudis de lui avoir fichu cette claque dans le dos, mais alors... je m'en mords les doigts sévèrement.
On continue de former les groupes, on imagine des petites histoires, et pour la mienne, il s'agit d'une pensionnaire qui se retrouve convoquée chez le surveillant de nuit, comme chaque semaine, pour ses absences, et qui finit par péter un plomb quand il commence à lui parler de choses qui n'ont rien à voir avec le motif de sa convocation. Là le pouvoir passe entre ses mains et elle le ratatine sur place.
Dans le travail, on n'est pas encore arrivé à ce moment du renversement de situation. Mais il me tarde...
"Mademoiselle LECHA? Mademoiselle LECHA on vous ATTEND!"
Voilà avec quoi je pars dormir.
Pas facile tous les jours d'être comédienne!
C'est-à-dire qu'un mec vient à l'école avec sa caméra, et qu'il a une semaine pour nous faire jouer tous les 6 devant, seuls ou à plusieurs, capter des impros, des scènes non-écrites (mais déjà imaginées), etc.
On a fait deux jours d'improvisations. Comme il avait la fâcheuse manie de mettre au centre de tout une nana qui n'est même pas particulièrement exceptionnelle, ma pote Anne est allée dire hier, au début du cours, qu'elle commençait à en avoir marre et qu'il pourrait songer à arrêter son favoritisme/élitisme à deux balles. Donc hier, tout s'est bien passé.
Enfin presque.
On a fait 3 couples de 2, pour monter 3 petites scènes. Au moment de former les groupes, le caméraman me prend en première, et dit "Alors, qui on pourrait mettre avec Marion? A votre avis? Hein?"
Alors là, je n'ai pas trop mon mot à dire, alors je prie très très fort : "pas Paul, pas Paul, pas Paul, SVP s'il y a un Dieu sur terre ou je sais pas où, pas Paul. Je jure de ne plus être méchante, d'être une soeur modèle, de..." il enchaîne "moi, par exemple je la verrai très bien avec Paul."
Gasp.
La Terre s'écroule : il n'y a pas de Dieu dessus, ni ailleurs. Nan en fait ça je le savais avant.
Il se justifie : "Hier dans l'impro, quand tu es arrivée derrière lui et que tu lui a foutu une grande claque dans le dos, il a tiré une tronche hallucinante de surprise, et ce qui m'intéresse à part ce rapport de vieux potes ~ oh ta gueule, s'il te plaît ta gueule ~ c'est la différence d'énergie qu'il y a entre vous deux ~ c'est-à-dire que face à un légume, en même temps... c'est pas très compliqué ~."
Pour être rapide, simple et concis, Paul est d'une molesse désarmante, il n'est pas rasé, ~ je soupçonne très fort ~ pas lavé ~ du moins il sent mauvais ~, il a un tic dans la bouche trèèès désagréable, il est aussi facile à diriger qu'un cargo, il m'a fait mal sur scène dans une impro ~ on est censé faire SEMBANT de serrer le bras, hein, SEMBLANT! ~ et me fait peur quand il fait le mec sadique obsédé. Et j'avoue que l'idée de me retrouver proche physiquement de ce mec... eh ben... vous voyez, quoi.
Bref. Je me retrouve avec lui, et mes potesses n'ont pas du tout l'air de compatir avec ma situation.
Je vous jure, je me maudis de lui avoir fichu cette claque dans le dos, mais alors... je m'en mords les doigts sévèrement.
On continue de former les groupes, on imagine des petites histoires, et pour la mienne, il s'agit d'une pensionnaire qui se retrouve convoquée chez le surveillant de nuit, comme chaque semaine, pour ses absences, et qui finit par péter un plomb quand il commence à lui parler de choses qui n'ont rien à voir avec le motif de sa convocation. Là le pouvoir passe entre ses mains et elle le ratatine sur place.
Dans le travail, on n'est pas encore arrivé à ce moment du renversement de situation. Mais il me tarde...
"Mademoiselle LECHA? Mademoiselle LECHA on vous ATTEND!"
Voilà avec quoi je pars dormir.
Pas facile tous les jours d'être comédienne!
Publicité