Couuuucouuuu, c'est RE-moi!!!! (oh nooon, pas elle!)
Il y a des gens dans la vie qui sont comme des boomerangs.
Plus on les envoie chier plus ils reviennent, armés de leur éternel sourire niais et de leurs blagues à deux balles sur des souvenirs heureux mais enterrés depuis longtemps.
Un texto comme ça, après 5 mois de silence "Salut je viens sur Paris du 15 au 22 ça serait cool qu'on puisse se voir... tu m'tiens au courant?" Tu parles. Je viens de finir mes partiels à la fac, alors je réponds "Ah... mince je suis vraiment trop désolée, ça va être short là parce que je commence mes partiels à partir de lundi, je suis complètement over-bookée, bon séjour à Paname biz."
Un texto le jour de ton anniversaire, disant "Joyeux anniversaire! Dis, je ne te vois plus sur MSN?" C'est normal, je t'ai bloquée, conna***. Tu peux être sure que ça ne lui est pas tombé, comme ça, au saut du lit : "Boudiou, mais on est le 10! C'est l'anniv' de Marion". Non, non, c'est une sonnerie de portable, à 10h du mat, on clique sur OK, et ça donne "anniversaire Marion de Tivoli" ~ Tivoli est le nom de l'établissement qui m'a supporté pendant les longues années de collège/lycée ~.
Sinon, c'est un mail : "Slt Marion commt ca va moi ca va la chui en vac c super cool t en vac toi? en tou k si t pas en vac bon courage hein pask ca fé tro de bi1. chui renté ché moi é g repris contact ac Sedumep ~ gloups ~ et ac fonfon on va srevoir autour d'1 Kfé à bx 'tel date' sa sré cool ktu vienne en souvnir du bon vieu tps... bises. ***."
Je traduis, pour Céline et par fierté, car je n'accepte que le français potable sur ce blog : "Salut Marion, Comment vas-tu? Moi je vais bien, je suis actuellement en vacances, cela fait du bien, as-tu ce plaisir? Si ce n'est pas le cas, je te souhaite bien du courage ~ pourquoi les gens parlent-ils de courage? Si je suis là aujourd'hui, c'est bien parce que je n'en ai pas! Non, je n'ai pas le courage de faire BAC+72 pour un métier que je n'aimerai pas. Je n'appelle pas ça du courage. Mes cours (fac comme pratique) sont passionnants et j'aime y aller et y travailler, je n'appelle pas cela non plus du courage! ~, parce que c'est un réel soulagement que de profiter des quelques premiers jours d'oisiveté. Je viens de rentrer chez moi ~ oui comme tous les soirs, chez ses parents ~ et j'ai repris contact avec Sedumep et Fonfon, avec qui on ira prendre un café à Bordeaux 'tel jour'. Cela nous ferait plaisir que tu te joignes à nous, en souvenir du bon vieux temps... Bises. ***."
Ce à quoi je m'empresse de répondre que décidément, pas de chance, je serai à Paris à cette date-là. Je n'ai rien contre le fait de revoir Fonfon, que je n'ai pas vu depuis des lustres et à qui j'ai plein de choses à dire, mais alors les deux autres... pfiouuuuf... Et puis "le bon vieux temps" n'a que 4 ans... enfin je l'ai assez frais encore en mémoire pour ne pas avoir besoin de faire une cure de souvenirs. Enfin si, peut-être, mais ces deux filles m'exaspèèèèèèèrent!
Et voilà, la nénette est renvoyée dans ses buts. Ca me chiffonne de l'envoyer paître, mais d'un autre côté on ne s'entend plus depuis la troisième, alors à quoi bon essayer de renouer ce qui ne peut pas coller? : quand j'ai vu qu'elle était restée coincée avec son serre-tête sur le crâne et son balais éternellement planté dans le derrière, j'ai compris qu'on ne se comprendrait pas.
Je l'ai compris dès la 3ème : quand je l'ai entendu me dire de notre pote LM "Ah mais elle est bête aussi de vouloir se tailler les veines, moi j'trouve ça stupide en plus elle essaye pas vraiment..." J'ai essayé de lui expliquer ce que ça faisait, d'être mal. Mal dans sa peau, mal dans ses godasses mal dans sa famille mal dans ses fringues empruntées mal dans un amour trop étroit ou trop large mal à en gueuler ou à s'en faire souffrir si on a la voix coupée. Elle ne comprenait pas. Qu'est-ce qu'elle pouvait y comprendre? Je lui disais qu'au lieu de tuer la source de notre malheur, on préfère se faire du mal. Ca fait, du moins on le pense, moins de dégâts. Elle ne comprenait pas. "Laisse tomber, tu comprendras un jour, peut-être, par hasard."
L'an dernier, en terminale, je lui demande :
- Alors quels sont tes projets?
- A long terme j'en sais rien, mais je suis prise en école de commerce l'an prochain!
- Félicitations! J'espère que ça te plaira!
- Oui, je pense... et toi tu fais quoi l'an prochain?
- Heu... Je prends une année sabatique.
- Ah? Sérieux? Super!
- Non je plaisante, je fais un CAP couture/coiffure.
- Ah? Sérieux? Super!
- ... tu trouves?
- Ah ouais, carrément!
- Non je plaisante. Ce coup-ci c'est vrai : je monte à Paris faire du théâtre.
- Non? Sérieux? Mais c'est super!
Voila, je pense que ça dit à peu près tout... non?