que viva la noche...

Publié le par Marionette

Bon alors comme je vous sens un peu refroidis... je fais une pause sur les conneries ~ ne doutez pas un instant que j'y reviendrai ~. Faut dire, c'était l'anniversaire d'une star américaine alors voilà. Je lui dédicace mon petit tour d'ailleurs.


Je vais vous parler de cette chanson, qu'on entend dans la BO de l'Auberge espagnole, dont je ne connais ni l'auteur ni la chanteuse.

Campan. C'est la dernière de Shakespeare ce soir, sous les halles de Sainte Marie de Campan. On va jouer pour la dernière fois le spectacle. Le groupe est extraordinaire, on s'entend tous à merveille et la pièce est vraiment bien. Ca fait mal de penser qu'après, elle n'existera plus que dans des mémoires, et dans quelques répliques restées cultes parmis les couillesses (si vous avez du mal avec le vocabulaire et la localisation, allez voir les autres articles de la catégorie). Tellement de choses dedans...

On se regroupe en plusieurs voitures pour aller jusqu'au village, on est 4 dans celle de Pauline. La radio. Silence. Tout le monde pense à ce que sera ce soir. Il faut que ça soit exceptionnel, comme l'a été toute l'aventure du début à la fin. C'est indispensable. Je sais que je joue mal, mais je n'y pense pas. On verra. J'ai peur. Silence encore. La radio toujours.
Pauline, au bout de 10 minutes de silence : "Euh, dites... vous savez, on a le droit de parler, même dans ma voiture..."
Sourires tendus, quelques mots bafouillés, sans queue, tête ni intérêt. Que viva la noche sur les ondes, silence toujours. Jusqu'à l'arrivée


Maintenant, c'est le flash back à chaque fois que je l'écoute. Cette tension, cette concentration alors qu'il nous reste plus de deux heures devant nous, avant les trois coups... tout revient, sans une seule pièce manquant au puzzle. L'euphorie contenue, l'odeur des projecteurs maquillage, l'odeur alcoolisée de la colle à postiches, les picotements sur le menton, l'odeur des collants, de la laque...

Un jour, plus d'un an après, j'étais avec Pauline et on a réentendu cette chanson. Je lui ai dit "Tu te souviens ?" Elle ne comprenait pas alors j'ai ajouté "la dernière de Shakespeare...". C'était ça.

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Publié dans théâtralités

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E
Ca a du te faire bizarre qu'elle ne se souvienne pas. Moi aussi j'ai des souvenirs tellement forts, tellement précis, quand je m'en rapelle à cause du même bruit familier ou d'un mot ou de je ne sais quoi, souvent je me suis rendue compte que les autres personnes n'avaient pas tilté... Mes souvenirs de théâtre au lycée, ils sont eux aussi très forts, mais je doute que ma mémoire contienne les mêmes détails que la mémoire d'un de mes partenaires. Au fond, la richesse de l'être humain, c'est notre intériorité unique en tout. Même si parfois c'est presque blessant qu'une personne qu'on apprécie et avec qui on a vécu un truc qui pour nous est fort ne se rappelle pas... 
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M
Oui c'est exactement ça... Mais comme elle a compris avec juste ces quelques mots... elle aurait pu passer complètement à côté, c'est déjà ça. Les mystères du ressenti, encore et toujours!