pire qu'au collège
Elle a eu la bonne idée de nous faire faire de l'anglais, l'UFR de théâtre, et elle a eu raison. Le premier semestre était chiant à mourir, malgré une étude d'un passage que j'adore du songe d'une nuit d'été (Shakespeare bien sûr). Le second par contre est pas mal du tout. Il s'agit en réalité d'un retour à la classe primaire pour Juliette et moi. Juliette est une pote de fac genre baba-cool avec qui je m'entends très bien. On jongle, on fait de la cuisine, de la guitare ensemble, on va sur les toits... bref pas mal de trucs qui rendent la vie parisienne moins obsessionnelle.
Avant les grèves, j'avais fait une cocotte en papier : vous savez là où on doit dire un chiffre et choisir un symbole pour avoir à faire un gage, une cocotte qui se tient soit entre le pouce, l'index et le majeur soit avec les 2 pouces et les 2 index. Qand elle est à plat, c'est un carré. Quand elle est dans la main, on dirait... je sais pas quoi. Vous voyez ? Très bien j'en étais sure.
Enfin bref cette cocotte a valu l'amusement de toute la classe puisque les gages étaient dans le genre "allonge-toi par terre" ou "crie cash MADAME JCOMPRENDS RIEEEEEN" ou "bêle assez fort pour te faire entendre d'au moins 3 personnes" ou encore "mords ton/ta voisine". Je ne les cite pas tous. Vous imaginez bien que le fou rire est arrivé très très vite.
Aujourd'hui, ça a commencé par la feuille de présence qui a tourné dans la classe. Je demande à Juliette de marquer mon nom ~ par flemme évidemment ~ : elle m'y rebâptise Natacha, et s'inscit sous le nom de Kelly, mais avec les bons noms de famille. J'éclate de rire. Aïe zut grillée. Faut dire que je suis pas particulièrement discrète dans ce genre d'élans non contrôlés.
Je continue, en faisant des allusions à mon voisin de derrière ~ qui, ayant tendu ses jambes, a ses pieds sous ma tête ~ qui s'est déchaussé, laissant une odeur de fromage moisi régner dans l'azone ~ hahaha le jeu de mots ~, puis imitant le personnage de Sid (dans l'Age de Glace, pour les incultes ou tout simplement ceux qui auraient oublié). Re-on se marre. Puis arrivent les gribouillages, les dessins bizarres sur les feuilles et sur les bras.
Elle reprend le relai, balançant des boulettes de papier à son voisin de devant, qui nous fait bien rire avec ses caricatures ma foi pas trop mal faites. Elle met une boulette dans sa bouteille, la laissant mariner peinarde. On se marre. Elle prend son stylo en disant "Ah, tiens, premier truc interessant du cours" et note une phrase. ~ Comment fait-elle pour tout faire en même temps : écouter, faire la conne, lire et comprendre le seul texte qui ne sera pas au partiel, complimenter les caricatures... ??? ~ Elle boit, et là j'étais en train d'écrire quand... "plof". Elle avait repêché la boulette, maintenant en presqu-état-de-décomposition, et l'avait balancée sur ma feuille. J'écris au stylo encre. "Connasse!!!" Sa bouteille pas tout à fait vide, elle prend la très très bonne initiative (si si) de la vider dans le cou du voisin dessinateur, qui s'est retourné vous imaginez comment. Il écrit "vengeance" sur sa feuille et la soulève. La prof n'a RIEN vu. Je pleure de rire la tête dans mes bras. Là, Juliette se tourne vers moi pour me sortir une ânerie et la prof furax (même pas à cause de l'eau) lui balance "Juliette, je ne comprends pas pourquoi vous tenez absolument à GÂCHER votre jeunesse ~ si y'a bien UNE personne sur cette terre qui ne la gâche pas, c'est pourtant bien elle !!! ~ en refusant obstinément toute forme de connaissance ~ C'est une des rares étudiantes de L1 Théâtre à sortir d'hypoghâgne... ~ !!! Sortez, je vous donne 2 minutes." Alors là, moins morte de rire mais ne perdant pas le nord, elle ramasse ses affaires avec nonchalance, se faisant presser par la prof, dit au dessinateur "héhé vengeance mon cul...". La prof ouvre la porte avec force et colère "Passez par là ce sera plus rapide!". Je lui envoie un texto pour qu'elle m'attende quand même. Elle s'est pris un demi litre de flotte sur la tronche sur le parvis de la fac grâce au dessinateur.
Les profs ont décidément beaucoup de mal à faire la différence entre le refus et l'indifférence. On s'en tape de son cours parce qu'elle ne nous intéresse pas, et elle prend notre indifférence pour de la sottise. Et, plutôt que de s'ennuyer, on choisit de passer un bon moment de rigolade. OK, pour des gens en fac censés être adultes, responsables et tout le tralala, c'est pas gégé. Mais par exemple : j'ai un prof qui nous parle du théâtre romantique. Franchement. Du théâtre qui est pratiquement injouable, comment voulez-vous que des jeunes comme nous soient intéressés par ça ? Et bien je suis époustoufflée par ses cours parce qu'il est passionné, il nous raconte ça comme on raconte une épopée à une foule en délire, c'est génial et toute la classe adore (et l'adore aussi). Alors que, mettez ce cours dans les mains d'un prof lambda, j'imagine sans peine ce qu'il va en faire : de la purée.
C'est tout con, mais un prof qui intéresse ses élèves se fait respecter et aimer par eux sans aucun problème. Et en plus les élèves retiennent. Je me souviens encore du début de la "tirade du Cid" sans jamais l'avoir relue depuis, grâce à ma prof de français de 4° et ce n'est pas la seule chose qui m'en reste, de ses cours. Il m'en reste aussi du respect et de l'amour pour la langue française, des auteurs, des poèmes, des citations et des rédactions que je relis parfois avec beaucoup de plaisir et de surprises.
L'avenir des jeunes réside dans ceci : des cours intéressants.
Avant les grèves, j'avais fait une cocotte en papier : vous savez là où on doit dire un chiffre et choisir un symbole pour avoir à faire un gage, une cocotte qui se tient soit entre le pouce, l'index et le majeur soit avec les 2 pouces et les 2 index. Qand elle est à plat, c'est un carré. Quand elle est dans la main, on dirait... je sais pas quoi. Vous voyez ? Très bien j'en étais sure.
Enfin bref cette cocotte a valu l'amusement de toute la classe puisque les gages étaient dans le genre "allonge-toi par terre" ou "crie cash MADAME JCOMPRENDS RIEEEEEN" ou "bêle assez fort pour te faire entendre d'au moins 3 personnes" ou encore "mords ton/ta voisine". Je ne les cite pas tous. Vous imaginez bien que le fou rire est arrivé très très vite.
Aujourd'hui, ça a commencé par la feuille de présence qui a tourné dans la classe. Je demande à Juliette de marquer mon nom ~ par flemme évidemment ~ : elle m'y rebâptise Natacha, et s'inscit sous le nom de Kelly, mais avec les bons noms de famille. J'éclate de rire. Aïe zut grillée. Faut dire que je suis pas particulièrement discrète dans ce genre d'élans non contrôlés.
Je continue, en faisant des allusions à mon voisin de derrière ~ qui, ayant tendu ses jambes, a ses pieds sous ma tête ~ qui s'est déchaussé, laissant une odeur de fromage moisi régner dans l'azone ~ hahaha le jeu de mots ~, puis imitant le personnage de Sid (dans l'Age de Glace, pour les incultes ou tout simplement ceux qui auraient oublié). Re-on se marre. Puis arrivent les gribouillages, les dessins bizarres sur les feuilles et sur les bras.
Elle reprend le relai, balançant des boulettes de papier à son voisin de devant, qui nous fait bien rire avec ses caricatures ma foi pas trop mal faites. Elle met une boulette dans sa bouteille, la laissant mariner peinarde. On se marre. Elle prend son stylo en disant "Ah, tiens, premier truc interessant du cours" et note une phrase. ~ Comment fait-elle pour tout faire en même temps : écouter, faire la conne, lire et comprendre le seul texte qui ne sera pas au partiel, complimenter les caricatures... ??? ~ Elle boit, et là j'étais en train d'écrire quand... "plof". Elle avait repêché la boulette, maintenant en presqu-état-de-décomposition, et l'avait balancée sur ma feuille. J'écris au stylo encre. "Connasse!!!" Sa bouteille pas tout à fait vide, elle prend la très très bonne initiative (si si) de la vider dans le cou du voisin dessinateur, qui s'est retourné vous imaginez comment. Il écrit "vengeance" sur sa feuille et la soulève. La prof n'a RIEN vu. Je pleure de rire la tête dans mes bras. Là, Juliette se tourne vers moi pour me sortir une ânerie et la prof furax (même pas à cause de l'eau) lui balance "Juliette, je ne comprends pas pourquoi vous tenez absolument à GÂCHER votre jeunesse ~ si y'a bien UNE personne sur cette terre qui ne la gâche pas, c'est pourtant bien elle !!! ~ en refusant obstinément toute forme de connaissance ~ C'est une des rares étudiantes de L1 Théâtre à sortir d'hypoghâgne... ~ !!! Sortez, je vous donne 2 minutes." Alors là, moins morte de rire mais ne perdant pas le nord, elle ramasse ses affaires avec nonchalance, se faisant presser par la prof, dit au dessinateur "héhé vengeance mon cul...". La prof ouvre la porte avec force et colère "Passez par là ce sera plus rapide!". Je lui envoie un texto pour qu'elle m'attende quand même. Elle s'est pris un demi litre de flotte sur la tronche sur le parvis de la fac grâce au dessinateur.
Les profs ont décidément beaucoup de mal à faire la différence entre le refus et l'indifférence. On s'en tape de son cours parce qu'elle ne nous intéresse pas, et elle prend notre indifférence pour de la sottise. Et, plutôt que de s'ennuyer, on choisit de passer un bon moment de rigolade. OK, pour des gens en fac censés être adultes, responsables et tout le tralala, c'est pas gégé. Mais par exemple : j'ai un prof qui nous parle du théâtre romantique. Franchement. Du théâtre qui est pratiquement injouable, comment voulez-vous que des jeunes comme nous soient intéressés par ça ? Et bien je suis époustoufflée par ses cours parce qu'il est passionné, il nous raconte ça comme on raconte une épopée à une foule en délire, c'est génial et toute la classe adore (et l'adore aussi). Alors que, mettez ce cours dans les mains d'un prof lambda, j'imagine sans peine ce qu'il va en faire : de la purée.
C'est tout con, mais un prof qui intéresse ses élèves se fait respecter et aimer par eux sans aucun problème. Et en plus les élèves retiennent. Je me souviens encore du début de la "tirade du Cid" sans jamais l'avoir relue depuis, grâce à ma prof de français de 4° et ce n'est pas la seule chose qui m'en reste, de ses cours. Il m'en reste aussi du respect et de l'amour pour la langue française, des auteurs, des poèmes, des citations et des rédactions que je relis parfois avec beaucoup de plaisir et de surprises.
L'avenir des jeunes réside dans ceci : des cours intéressants.
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