I am a warrior
C'est vrai quoi, sérieux! Vous imaginez?! Non, sans blague : Je n'ai MÊME pas eu de vacances à la Toussaint! Oh, et puis, j'ai du boulot à la fac, au violon ET au théâtre! Franchement, j'ai un emploi du temps cre-vant, je suis très à plaindre et je vais tomber en dépression nerveuse.
Voilà à peu près ce que je devrais penser de moi à chaque fois que je quitte quelqu'un.
Le réflexe des gens, quand on se quitte, n'est pas de dire "A bientôt j'espère!" ou "Rentre bien", ou encore "fais attention à toi", mais de balancer, avec le sourire comme s'il s'agissait d'un effort surhumain "bon courage!"
Ca me scie à chaque fois. Sérieusement!
QUI a dit que j'avais besoin de courage pour quoi que ce soit?! C'est débile! : je suis à Paris, je fais exactement ce qu'il me plaît, je travaille correctement, ni trop, ni pas assez, je ne m'ennuie pas, je fais des choses qui m'intéressent, j'ai le temps de voir des amis, d'aller au théâtre, d'écrire ~ quoique pas tous les jours, mais rien que ça c'est déjà une chance incroyable! ~, je peux m'offrir un restau de temps en temps et parfois même des huîtres pour le dimanche, je fréquente des gens que j'aime... pardon, mais... que demander de mieux?
En fait, je ne comprends pas comment le "bon courage" a pu s'automatiser autant dans un moment tel que la séparation entre deux personnes. Je conçois tout à fait que tout le monde n'ait pas la même chance que moi, mais quand je souhaite à quelqu'un de bien rentrer, de passer une bonne nuit ou de faire attention en rentrant, ça me fait chier qu'on me dise "bon courage!". Même sur un ton enjoué. Parce qu'à chaque fois, je réponds "bah... j'ai pas besoin de courage!" Et les gens sont profondément étonnés que je dise ça.
Ils ne s'attendent pas à ce que quelqu'un refuse que l'on s'apitoie sur son sort.
Il m'arrive de souhaiter bon courage, bien sur, mais seulement quand la personne vient de m'énumérer toutes les raisons pour lesquelles elle voudrait bien crever maintenant tout de suite plutôt que de continuer à vivre une minute de plus, et c'est logique.
La notion de courage s'est vraiment rabougrie :
Hier, quelqu'un de courageux était quelqu'un qui n'hésitait pas à braver la mort pour certaines causes.
Aujourd'hui, quelqu'un de courageux est quelqu'un qui a un emploi du temps chargé.
Demain, quelqu'un de courageux sera quelqu'un qui doit descendre de chez lui pour aller acheter sa baguette, sans doute.
C'est à n'y rien comprendre.
"Dites un mensonge, jurez que c'est vrai et vous serez bientôt aussi vaillant qu'Hercule" dixit Shakespeare dans Beaucoup de bruit pour rien. Vous imaginez que ce bonhomme a vécu au 16° siècle et que nous sommes au 21°?
Ceci est une proposition à remettre les choses à leur place.
"A bientôt j'espère" est amical.
"Fais attention à toi" est généreux.
"Prends soin de toi" est attentionné.
"Fais de beaux rêves" est doux et délicat.
Voilà à peu près ce que je devrais penser de moi à chaque fois que je quitte quelqu'un.
Le réflexe des gens, quand on se quitte, n'est pas de dire "A bientôt j'espère!" ou "Rentre bien", ou encore "fais attention à toi", mais de balancer, avec le sourire comme s'il s'agissait d'un effort surhumain "bon courage!"
Ca me scie à chaque fois. Sérieusement!
QUI a dit que j'avais besoin de courage pour quoi que ce soit?! C'est débile! : je suis à Paris, je fais exactement ce qu'il me plaît, je travaille correctement, ni trop, ni pas assez, je ne m'ennuie pas, je fais des choses qui m'intéressent, j'ai le temps de voir des amis, d'aller au théâtre, d'écrire ~ quoique pas tous les jours, mais rien que ça c'est déjà une chance incroyable! ~, je peux m'offrir un restau de temps en temps et parfois même des huîtres pour le dimanche, je fréquente des gens que j'aime... pardon, mais... que demander de mieux?
En fait, je ne comprends pas comment le "bon courage" a pu s'automatiser autant dans un moment tel que la séparation entre deux personnes. Je conçois tout à fait que tout le monde n'ait pas la même chance que moi, mais quand je souhaite à quelqu'un de bien rentrer, de passer une bonne nuit ou de faire attention en rentrant, ça me fait chier qu'on me dise "bon courage!". Même sur un ton enjoué. Parce qu'à chaque fois, je réponds "bah... j'ai pas besoin de courage!" Et les gens sont profondément étonnés que je dise ça.
Ils ne s'attendent pas à ce que quelqu'un refuse que l'on s'apitoie sur son sort.
Il m'arrive de souhaiter bon courage, bien sur, mais seulement quand la personne vient de m'énumérer toutes les raisons pour lesquelles elle voudrait bien crever maintenant tout de suite plutôt que de continuer à vivre une minute de plus, et c'est logique.
La notion de courage s'est vraiment rabougrie :
Hier, quelqu'un de courageux était quelqu'un qui n'hésitait pas à braver la mort pour certaines causes.
Aujourd'hui, quelqu'un de courageux est quelqu'un qui a un emploi du temps chargé.
Demain, quelqu'un de courageux sera quelqu'un qui doit descendre de chez lui pour aller acheter sa baguette, sans doute.
C'est à n'y rien comprendre.
"Dites un mensonge, jurez que c'est vrai et vous serez bientôt aussi vaillant qu'Hercule" dixit Shakespeare dans Beaucoup de bruit pour rien. Vous imaginez que ce bonhomme a vécu au 16° siècle et que nous sommes au 21°?
Ceci est une proposition à remettre les choses à leur place.
"A bientôt j'espère" est amical.
"Fais attention à toi" est généreux.
"Prends soin de toi" est attentionné.
"Fais de beaux rêves" est doux et délicat.
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