La blondasse plageuse
Des cheveux mi-longs qui, s’ils étaient lâchés, doreraient paisiblement au soleil en bouclant en souplesse ; attachés vigoureusement sur le dessus de son crâne, laissant juste un accroche-cœur maigre et décoloré tomber sur ses lunettes de soleil informes. Bronzant son côté « pile », elle attend. Les coudes vissés dans le sable, la tête grincheuse soudée sur le socle de ses paumes de main. Comme toutes ses semblables, elle tourne le dos à
Des gamins gambadent autour des groupes de serviettes, le souffle court et le pied léger, entre les batailles de sable et les trappe-trappe. Un pied, ayant franchi la stricte limite du 1-mètre-de-périmètre-sécuritaire de la blondasse, tire la sonnette d’alarme invisible : la tête, sans bouger pour autant, fait naître un véritable mugissement d’entre ses dents « Eh ! On ne court pas sur la plage ! Si tout le monde courrait… » ~ Dis donc, la grincheuse, la plage est à tout le monde, et surtout aux enfants alors écrase. Si t’es pas contente, va bronzer sur ton balcon entre tes deux géraniums et ton gros lard de mari ! ~ Je lève la tête avec un regard insolent qui voulait dire « Oui ??? Sinon quoi ??? »
Allez-y, les jeunes, faîtes chier le monde, vous êtes là pour ça ! Dans quelques années ce sera trop tard pour le faire, et vous regretterez de ne pas avoir risqué plus de fessées.