l'annonce

Publié le par Marionette

C'était un mardi. C'est toujours le mardi que ça se passe. Je déteste le mardi.
On jouait dans le jardin à Bordeaux, après l'école. On avait trouvé un nouveau jeu qui consistait en un parcours d'obstacles (osclaques, comme disait ma plus jeune soeur) à effectuer le plus rapidement possible. Les parents sortent du salon. Papa va dans son bureau, maman sort et s'assied sur le banc en bois, nous appelle. Mauvaise nouvelle.
Elle nous explique avec douceur et larmes la mort de notre grand-mère, et de sa presque-mère. Je ne réalise pas tout de suite, mais je pleure.
Le soir, après un maigre dîner, maman décide de faire une prière tous ensemble. Papa ne vient pas. Je ne voulait pas, je trouvais que ça ne servait à rien. Si ce traitre de Jésus ou Dieu ou quelque soit son nom, l'avait "appellé", c'est qu'il avait rien compris et qu'il ne voulait pas notre bonheur. Je le déteste. On va dans la chambre de l'aînée de mes deux plus jeunes soeurs.
La prière commence, tout le monde est calme. Je commençait à comprendre que je ne la reverrai jamais plus. Puis ma soeur (la "propriétaire" de la chambre) commence à rire. Choc. Je l'engueule. Elle a un fou rire. Je lui ferme la bouche, lui dit de dégager, je la traite de tous les noms. Maman pleurait et me disait que ce n'était pas sa faute, mais je la détestais, je la détestais tellement! Elle osait rire alors que tout le monde était écrasé par l'évènement. Elle osait rire et ne pas sortir TOUT DE SUITE de la chambre. Elle osait rire alors que la seule femme qui aurait pu remplacer ma mère venait de mourir. Quelle cruauté, quelle méchanceté, quelle insensibilité... je la haissais. Je suis sortie de la chambre en criant, complètement déchirée. Je ne me souviens plus de ce qui s'est passé après.
C'est loin, tout ça... mais je n'ai rien oublié, et je ne lui ai pas pardonné. C'est pas possible.

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Publié dans extraits de ma tête

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M
Et puis les adultes peuvent parfois faire une telle mise en scène pour "annoncer" quelque chose !!!<br /> Moi je me souviens aussi d'une "annonce" !!!<br /> (ce n'est pas le liue pour raconter ma vie mais ...), il fallait les voir tous les adultes, c'était d'un sérieux, d'un sévère pour annoncer, avec un ton tenant du "drame", la grossesse d'une cousine qui n'était pas mariée et qui n'avait que 20 ans !!! Attention c'était il y a un peu plus trente ans, pas si évident ! mais je sais que toute la jeune génération s'est réjoui spontanément de cette annonce, alors que les adultes étaient au bord de la crise !!!<br />  
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M
Oui, c'est vrai... j'ai la chance d'avoir des parents simples dans leur façon de faire et de dire les choses, c'est pas donné à tout le monde!Elle m'a bien fait rire ton anecdote!!  Et puis sache bien que tout le monde à le droit de raconter sa vie sur mon blog, même toi  ; ) Je suis pour la liberté d'expression!!!
M
D'accord avec toi Elsa.<br /> Moi, même adulte, il m'arrive d'avoir des fous rires très très mal placés ... il me semble qu'on a déjà parlé de cela sur ce blog ...<br /> Marion, je crois qu'enfant, même ado, même adulte, chacun gère ses émotions comme il le peut même si cela peut paraître outrageant.<br /> A bientôt;<br /> Marie.<br />  
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M
Oui, c'est vrai. Une montagne de merde recouvre ma relation avec ma soeur, il faut défaire les noeuds et tout refaire... Je pardonne tout ce que je peux, mais ça, c'est pas encore passé. Ca viendra j'espère.
E
Je n'crois pas que tu devrais lui en vouloir. Enfin, qui suis-je pour "oser" dire ça ? ... Disons que j'ai aussi vécu ce genre d'évènements. Disons que les fous rires arrivent fréquemment. Disons que c'est simplement de la nervosité... en plus vous étiez jeunes apparemment, quand on est enfant est-ce qu'on se rend bien compte ? En tout cas on ne contrôle pas ses émotions. Des chocs m'ont bien souvent fait passer du rire aux larmes, ou l'inverse !Après, je ne sais pas. Le pardon, c'est tellement difficile.
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M
On ne contrôle pas ses émotions et on ne réagit pas toujours comme on aurait dû le faire, mais même. Je n'arrive pas, il n'y a rien à faire, ma raison renonce. Peut-être un jour, ça viendra... je lui pardonnerai... mais là, non.
B
Il y a un abruti de connard qui a laissé retentir sa sonnerie de portable genre "Les bronzés" à la messe d'enterrement de ma mère, quelques rires ont fusé ...Pareil, pas pu pardonner, rien ...Bises Marion
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M
Rien à faire... je comprends...