Réminiscences

Publié le par Marionette

J'ai retrouvé un carnet secret au fond d'un tiroir, bien planqué sous les feuilles Canson dont je ne me sert plus.
Je ne m'en souvenais plus. Un cahier banal, avec marqué sur sa couverture tout un tas de menaces à qui oserait jetter un oeil à l'intérieur. Des proverbes. Je me suis dit que c'était débile, parce que c'est justement LA chose qui aurait décidé "le fouilleur" ~ devrais-je dire plutôt "la fouilleuse, puisque j'ai 3 soeurs ?... ~ à lire l'intégralité de mes petits secrets. Ca fait un peu genre "Attention ne lisez pas c'est super intéressant"...

Enfin toujours est-il que j'ai réouvert ce cahier, et que je l'ai relu attentivement, sur mon lit. J'y exprime des choses que je ne me souvenais pas avoir ressenti à ce moment-là, notament vis-à-vis des gens que je cotois toujours. C'est étrange comme tout revient à la mémoire instantanément : l'endroit d'où j'ai écris, la lumière qu'il faisait dehors, la chaleur de l'été, l'odeur de la pièce...

Je me replonge dans le moment le plus douloureux de mon adolescence. Dans cette douleur continue qui ne part jamais que la nuit, si cette dernière n'en est pas imbibée jusqu'à me faire cauchemarder sept nuits par semaine ~ sept nuits par semaine, c'est sa peau contre ma peau, et je suis avec elle... ~. Ces images que je m'imaginais alors tous les jours, où que je sois, et quoi que je fasse. La poussière a recouvert la plaie, toujours ouverte et profonde. L'écrire, le dessiner, le dire, rien. Tout est toujours là, plus frais et plus noué que jamais, plus vif, plus noir, plus angoissant. Des corps suspendus entre ma vie et leur mort. L'envie de le retrouver et le tuer à mains nues, l'homme. De le dépouiller de son honneur, de son existence, à jamais souillée d'un sang trop pur. Qu'il ne puisse jamais plus se regarder dans un miroir sans avoir envie de vomir. Qu'il ne puisse jamais plus regarder ses enfants sans trembler. Qu'il ne puisse jamais plus faire l'amour à sa femme sans les ravoir sous ses yeux. Qu'il n'ose jamais plus regarder un jeune homme sans détourner le regard. Qu'il ne puisse jamais plus s'endormir sans les voir, comme des stalactites perçant son coeur, jusqu'à ce qu'il crève d'en avoir trop cauchemardé. Qu'il ne puisse jamais plus pleurer sans que le sel de ses larmes ne lui écorchent la peau du visage. Qu'il vive aussi longtemps que pourra durer sa torture.

Si je le croise dans la rue, c'est les Assises pour moi.

Publicité

Publié dans extraits de ma tête

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Tu peux t'inspirer de "Hannibal" si tu veux pour le torturer avant d'en finir avec lui... :D
Répondre
M
Il se fera ça tout seul, comme un grand, quand il n'en pourra plus d'être hanté. Si je l'ai pas croisé avant.
S
Génial ce type... on pourrait en faire une soupe d'organes à la morve de tarin? CHOUETTE!!!!!!
Répondre
M
Bonne idée. Et jeter la soupe à bouffer aux porcs de mes voisins dans les Landes. Non il le mérite même pas.
B
Je ne réagirai pas beaucoup ... parce que tu sais ...Sauf que j'espère que cette violence de mots te fait du bien pour dépasser ...Je t'embrasse
Répondre
M
: )
L
Ben dis donc t'étais vénèr un max... Heu, la zonzon, ça doit pas être la joie... C'est mieux de cracher par écirt :-)
Répondre
M
Oui en effet.
J
Je trouve tes pensées bien sombres. (ca me fait penser au Spleen de baudelaire).<br /> Si tu veux je peus te servir d'alibi, ou même de complice: J'ai la hargne contre les enfoirés sans scrupule, et sans que j'en sache quoi que ce soit, je suis sûr que de mec mérite tout à fait ce que tu lui destine!<br /> Si tu le croise dans la rue, Appel Moi!
Répondre
M
(Merci pour la comparaison avec Baudelaire)