une autre Andromaque
Mon potoun me dit "si t'as une idée de théâtre pour samedi, je ne dirai peut-être pas non". Comme il bosse beaucoup et qu'il ne peut se permettre que très peu de sorties, j'essaye de m'arranger pour aller voir quelque chose de bien, dont je suis à peu près sure de la qualité. On est déjà allé voir Emmène-moi au bout du monde ! qui était génial ; un spectacle d'école d'une amie, qui était super aussi ~ mais j'avoue, j'étais pas sure de mon coup ~ ; enfin on a passé de bons moments au théâtre quoi.
Là, on pouvait aller voir Hamlet à l'Odéon (mais on aurait rien pu voir, les places qui restaient étaient au 15° balcon...) ou encore l'Avare à la Cartoucherie (j'en ai entendu beaucoup de bien, pour les intéressés), et j'étais tombée sur Une autre Andromaque en lisant la Terrasse, au théâtre Lucernaire.
Une nana nous gruge dans la file, mon potoun balance "Allez-y, passez devant" avec un grand sourire relax. Elle ne savait plus où se mettre et s'est confondue en excuses j'étais morte de rire. La caissière nous précise bien qu'elle nous fait la réduction étudiante alors qu'on est samedi et que normalement le samedi y font pas de réduction étudiante mais qu'elle est gentille alors elle nous fait la réduction étudiante "Merci madame z'êtes bien aimable". 15€. Ah oui quand même...
On revient à l'heure du spectacle. Une super salle : petite, carrée. La scène est carrée, de 30 cm surélevée par rapport au sol, au centre de la pièce. Les bancs moltonnés ~ super confortables c'était du bonheur ~ étaient positionnés autour, en carré, avec un seul rang, dont quelques places étaient réservées au comédiens. Une trentaine de projo si ce n'est plus. Il faisait bon, on était bien. Petite salle d'une trentaine de spectateurs, vraiment sympa.
Ils étaient 5 comédiens : 3 mecs 2 filles. C'était le texte de Racine entrecoupé de poèmes de (?). Ca commençait par un poème, qu'ils disaient ensemble, c'était pas mal du tout. Ensuite vient Racine. Les comédiennes en jean et bustier horrible, les comédiens habillés en lin noir, et des tissus grossièrement coupés et hallucinament longs ~ ils faisaient joujou avec ~ pour faire le reste. La première commence à parler, ça donnait à peu près ça : "Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah Pyyyyyyyyrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrussssssssssssss qu'eeeeeeeeest ceci ~ plus de souffle, rouge pivoine ~ ??????" à grand renforts de grimaces et de torsions corporelles insignifiantes.
Là je me suis dit "ok c'est mort. Si le prochain vers est dit comme ça, on risque de passer une mauvaise soirée..." Et c'est ce qui se passa. Je n'ai même pas entendu le texte ~ ce qui normalement est un minimum ~, tellement j'étais énervée et distraite par tous ces effets moches et sans intérêt. Je regardais sans arrêt ma montre, mes yeux étaient attaqués par cette lumière bleue et se fatiguaient minute après minute. Les deux moments que j'ai entendu, c'est la scène qu'on avait joué en seconde et celle qu'une copine a bossé à Florent, parce que je connaissais le texte. Une dame en face, de l'autre côté, était visiblement venue voir un comédien en particulier, puisqu'à sa tête, on aurait dit qu'elle dégustait, seconde après seconde, un bonheur de petit gâteau au chocolat. Ce qui n'était pas vraiment le cas. Sa fille s'endormait sur elle : ~ mais laissez-la partir ! qu'elle aille s'acheter une glace le temps que ça finisse ! Elle va plus jamais vouloir revenir au théâtre, après ça !!! ~.
Ils ont été bissé, une fois, deux fois. Mon potoun remarque :
- "Ah, pas de troisième...
- Non, pas de troisième non. T'as aimé ?
- Attend, attend, faut que ça décante...
- Ecoute tu peux me le dire si t'as pas aimé !
- Ben... c'était moyen
- ?? C'était nul oui !
On était d'accord. On est parti en imitant ce qu'on nous avait infligé pendant presque 2h, en se marrant bien ~ et moi en m'excusant platement ! ~.