pas soeur mais so/eur

Publié le par Marionette

On ne peut pas faire les "e-dans l'o" ici, et c'est tant mieux. Soeur, avec les deux qui devraient n'en faire qu'une en deux lettres, détachées.

Quelle horreur ce déchirement fraternel ! Y'a pas de mystère, à toutes les générations il faut que l'on assouvisse un désir, ou un manque ~ allez savoir ~ de douleur. Pourquoi est-ce que toujours il faut que notre sang se divise et se mutile ? Comment se fait-il que cela soit possible de haïr sa propre soeur ? Celle à qui j'ai changé des couches, que j'ai soutenu lors de ses premiers pas, que j'ai taquiné tendrement tant de fois, que j'ai vu embellir de jour en jour, avec (ou plutôt contre elle) il faut que ce soit la haine furieuse qui prenne le pas sur l'amour. Nos disputes sont des lambeaux de coeur suintants qui s'arrachent dans des coups de mots, des étincelles qui fusent dans nos yeux pour faire le plus de mal possible à notre miroir de sang, miroir de caractère, miroir de colère, des étincelles qui fusent et viennent mutiler l'amour d'un père déjà trop maltraité. J'ai un cyclone dans mon corps qui monte, qui monte, qui sait par où sortir mais que je retiens de toutes mes forces, les dernières, celles qui sont à bout, les dernières de mes dernières réserves. L'envie de vomir et d'exploser non pas en mille morceaux, mais en une infinité d'éclats de verre pour blesser autant que je peux, autant que je veux, autant qu'il est interdit. C'en est trop, la limite est là, au bout de mes lèvres, je capitule et cours, cours le plus vite possible pour exploser là où ce ne sera pas trop grave, où ça ne fera pas trop mal. Mes 5 confidents, les quatre murs et le lit de ma chambre, toujours là, froids et sourds, écoutent ma chair à vif hurler, saigner. Un corps qui n'est peut-être pas le mien se balance comme un autiste, les premières larmes s'évaporent sur mon visage brûlant, les suivantes l'abreuvent en le lancinant avec leur sel, et mes forces me violentent. Alors, amour ou haine ? Je me tire les cheveux, fort, et de plus en plus fort. Alors, Amour ou Haine ? Des spasmes qui ne peuvent pas s'arrêter et gagnent en puissance, des sanglots qui croissent encore et encore. ALORS, AMOUR OU HAINE ? AMOUR ! C'est une douleur qui ne peut pas s'apaiser. Ni par des cris, ni par des pleurs, ni par une étreinte, ni par des mots, ni par la mort. QUI peut comprendre? J'ai du sel dans les veines.

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Publié dans extraits de ma tête

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L
ca c'est ben vrai Elsa... Même s'il ne faut pas TOUT systématiquement "psychologiser "... Je crois qu'en regardant sa propre famille on peut comprendre (et donc accepter) pas mal de choses.
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M
Oui c'est vrai! A toutes les générations ça clash chez moi, et des deux côtés. Y'a pas de mystère. Ceci dit, si on peut arriver à arrêter cette fâcheuse manie à notre génération, autant tenter le coup, et je suis partante.
E
Moi je pense comprendre... Parce que entre mon frère et moi, il y a eu des périodes de violence inouie, de haine sourde ou criarde, de sanglots refoulés... J'ai jamais compris pourquoi on ne s'entendait pas. Pourquoi un jour, il m'a rayé de sa vie en quelque sorte. Je n'ai jamais eu de frère en fait. Je connais mieux les frères et soeurs de mon copain (ça fait pas encore 9 mois qu'on est ensemble seulement) que mon propre frère. Pourtant, y'aurait des milliards de choses à partager...J'ai jamais compris... Et puis, je me suis souvenue, l'autre jour, que ma mère et sa soeur était brouillées à vie. Tu crois peut-être pas à la psycho, mais moi j'ai compris cette année que les emmerdes psychiques des parents nous retombent dessus...  
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M
Oui... mais d'un autre côté j'ai eu cette relation-là avec ma soeur aînée, pendant toute ma jeunesse, jusqu'il y a un an et demi à peu près : On ne se connaissait tout simplement pas. Je n'étais pas foutue de dire quels étaient ses amis et je me gardais bien de lui dire quoi que ce soit me concernant, parce que je voulais que ça soit donnant-donnant. Mais un jour maman est revenue de la Bande de Gaza avec un narghilé. Peu de temps après, un soir, ma soeur m'a proposé d'aller en fumer un dans sa chambre, et on a bavardé jusque tard dans la nuit, de tout et de rien mais aussi de choses importantes. On a fait la nique au temps perdu. Je pense que je n'oublierai pas cette soirée...
B
Ma p'tite soeur a cru longtemps qu'il était bon de me détester pour parvenir à exister. J'en ai beaucoup souffert, de cette violence, de ce rejet et en conséquence j'ai commencé moi aussi à la maudire un peu...Le temps a passé et nous nous sommes retrouvées. L'amour, la tendresse ont fait place à tout le reste. Plus de sel dans les veines, tout a été dissous...les larmes ont coulé mais c'est terminé.<br /> Peut-être pour toi bientôt ??
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M
J'espère... Partie de la maison depuis septembre, nos retrouvailles sont systématiquement électriques, on s'engueule toujours au bout de 20 minutes à tout casser. C'est épuisant et désespérant. Moi qui croyais arranger les choses en partant...<br /> Je garde un ptit espoir, on sait jamais.
L
Toi c'est avec ta soeur que ça swingue, moi c'est avec mon petit frère (enfin, pas si petit que ça, mais bon). Tu devrais lire (ENCORE un bouquin se dit Marionette !!!!) le bouqun de Marcel Ruffo : Frères, soeurs, une maladie d'amour (je suis pas certaine certaine du titre).<br /> C'est une relation si complexe, si étrange... Comme toutes les relations ! Tu as raison de pleurer un bon coup.<br /> Pour répondre à ta question sur le job qui rémunère la lecture blogistique : attachée de presse pour un homme politique (ce qui n'est pas du tout mon métier de base - d'ailleurs je ne sais même pas ce qu'est mon métier de base !!!).
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M
J'ai noté pour le bouquin, même si je doute que ça change quoi que ce soit... Pour le moment je retourne dans Rodogune et le Soulier de satin, qu'il faut absolument que je termine de lire... Après je m'attaque à L'Homme qui rit, et  Vous avez dit Serrault? puis celui de Marcel Ruffo, et Métaphysique des tubes (Amélie Nothomb) et enfin Mrs Dalloway de Virginia Woolf. Ensuite, il y aura du Genet et du Feydeau. Après ça, ma mini-bibliothèque sera épuisée. Ca va, j'ai le temps!