15/01/2006...

Publié le par extraits de marion

...ou concert de Mylène Farmer à Bercy. Quelques photos sont disponibles sur ce même blog (et oui je suis une pro de la récup')

18h30. C'est la ruée, aucune pitié pour personne, c'est à qui sera devant la scène. Je suis contre la barrière à 4 ou 5 mètres du milieu exact de la scène. Une fille qui me paraissait plutot gentille trouve encore le moyen de râler, je n'en reviens pas. Dans les poches, bonbons, jus de fruit, markeur noir (dessins sur les ballons de baudruches qui bientot, si tout va bien, voleront dans la fosse), portable, mouchoirs (je vais chialer c'est sur) et bob (taille enfant : je me suis gourée à l'achat / décoré préalablement, à lancer sur scène pendant C'est une Belle Journée). Evidemment il est strictement interdit de lancer des objets sur scène. Tu parles...

 

C'est l'euphorie. Ambiance de son dernier album avec lumière rouge et décor somptueux. Je sens mon visage qui bouillonne, c'est horrible je vais éclater. Dans le froid depuis le matin tôt à poireauter dans ce petit vent glacial... la course du soleil dans le ciel, si agréable et réchauffante, a été bien rapide. Les deux heures d'attente se passent très bien, au chaud. La HOLA fait le tour de la salle au moins 10 fois avant de s'évanouir. Les responsables de cet arrêt se font huer par la fosse, qui en relance une, et c'est reparti pour une dizaine de tours. Bercy est à bloc c'est génial.

 

Les lumières s'éteignent, ça hurle de partout et c'est un écran qui descend. Ils projettent un court métrage d'Alain Escalle : le conte du monde flottant (2001), qui n'a pas l'air de faire l'unanimité. Moi je l'ai adoré, il faut que je le retrouve pour le revoir absolument. A la fin, une voix, qui s'est fait huer bien copieusement, annonce une entracte de 20mn. C'est là que la salle est vraiment pleine (il restaient quelques places en gradins, certainement des avertis qui n'aimaient pas le court). Noir. Deux "SHUT UP!" retentissent : la première chanson sera "peut-être toi". Des flashes de lumière puissants fusent de partout, c'est l'angoisse. On ne voit pas Mylène mais l'intro musicale a commencé. Finalement on peut apercevoir par bribes un sarcophage qui chemine au plafond (ça y en a être très haut), et qui s'arrête en haut de la scène centrale (qui est géante, en forme de croix de malte). Il descend, tout comme le pont qui rallie cette scène avec la principale (celle où j'étais). Des grands blacks au crâne rasé en tenue stylée égyptienne viennent chercher le sarcophage transparent et l'amènent sur l'autre scène, le redressent. Mylène est magnifique, semble dormir dans son costume somptueux (style elle dort). Elle ouvre les yeux, sourit à s'en décrocher la mâchoire, la porte coulisse, elle sort, et là, une ovation. La fosse est folle (mon ventre appuyé à la barrière s'en souvient un peu). C'est extraordianire. Le décor nous apparaît, gigantesque et splendide. Des ballons partout dans la fosse, qui chante à tue tête.

 

Pour Sans Contrefaçon (je suis un garçon!), Mylène ouvre la bouche pour chanter et mets la main à son oreillette. Il y avait déjà eu des problèmes de son le 13 et le 14. Bor*** de me*** qui est cet ingénieur du son?? Elle ne chante pas le refrain comme prévu, la fosse s'en charge. Elle fait signe de baisser le son dans les oreillettes, envoie des signaux de moins en moins discrets. Elle reçoit une poupée rigolotte aux cheveux roux ébourriffés, lancée de la gauche, la serre contre elle et la pose par terre. Puis vient Je t'aime Mélancolie. Elle se trompe dans les paroles. (Ma voisine -pas chiante du tout- le remarque à haute voix pour me montrer qu'elle connaît tout bien par coeur. "On s'en fout! C'est pas grave, ta gueule!"). Mylène s'en aperçoit au deuxième couplet et répète donc les mêmes paroles avec un sourire et un haussement d'épaules. C'est Une Belle Journée : nouvelle choré, inspirée de l'ancienne tout de même. Lâchement, je file le bob qui était dans ma poche à Julien pour qu'il l'envoie. Mylène ne le voit pas mais il atterrit sur scène. Julien se fait choper par le vigile qui lui tire l'oreille, menaçant : "RIEN sur scène, est-ce que c'est COMPRIS??"  "ohlala Julien chui désolée... tu m'pardonnes?" Le principal c'est que Mylène l'a eu, c'est sur : il a été ramassé en même temps qu'une partie d'un costume qu'elle avait laissé par terre entre deux chansons.

 

Arrive Désenchantée. Il paraissait que jamais la foule n'avait été autant en délire que lorsqu'elle l'a chantée à sa précédente tournée. Record battu. Version un peu plus techno, plus rythmée que l'originale, nouvelle choré... La fosse prend littéralement feu. C'est alors que vient Redonne-moi. Au milieu de la chanson, submergée par l'émotion, au lieu du premier vers du couplet elle sanglotte et baisse la tête, la fosse reprend de plus belle. On aurait dit que toutes ces mains levées la portaient et lui relevaient la tête, séchaient ses larmes, la berçaient... C'était merveilleux. Elle a fait monter une fille sur scène, l'a prise dans ses bras et a un peu chanté à côté d'elle avant de repartir sur l'autre scène. Autre chanson difficile niveau émotion : Rêver. C'est une chanson qui a une histoire, elle l'a beaucoup chantée. Elle aurait pu lasser, comme ça a été le cas pour California, mais non. Yvan, le pianiste, démarre l'intro, elle lui fait signe de continuer l'intro, pas prête à commencer (pas possible de pleurer en même temps, la mélodie est trop aigue). La fosse rit avec elle qui semble désolée, et la soutient une fois encore. C'était merveilleux.

 

Voilà l'intro de "Avant Que l'Ombre..." (titre de son album et de son concert également). On sait tous que c'est la dernière, qu'il n'y aura pas de rappels. Mylène, c'est ça aussi. C'est la frustration : c'est elle qui part et elle revient si elle veut, quand elle veut. Avec un titre aussi ambigü, elle fait peur à ses fans. La chanson tend la salle entière, la tension est presque palpable. C'est le noir et on sent de l'eau sur nos visages. Je pense d'abord que c'est les vigiles qui nous envoient de l'eau avec des sprays, jusqu'à ce que la lumière s'allume. C'est un rideau d'eau, sur l'avant scène. On voit le buste de Mylène, dans une robe somptueuse, projetté sur l'eau, mais sans la voir elle, qui est en fond de scène. Elle avance, le rideau s'écarte un peu mais pas totalement, elle le franchit, à sec. Là, croyant que le rideau était cassé, ne voyant que des filets d'eau tomber de gauche à droite, je lève le nez. Derrière Mylène le rideau fait tomber le mot PASSé en eau (le mot récurent de la chanson). Elle refranchit le rideau en sens inverse et, sans se retourner, remonte les marches sur scène, une à une, tandis que le rideau d'eau se referme. De nouveau le système de projection. Une dernière image de Mylène de profil avant que le rideau de scène ne se referme, exactement en même temps que le dernier accord. On hurle pour la remercier, en sachant pertinemment qu'elle ne fera pas de rappel. C'est comme ça. Et là, ma voisine-pas chiante du tout encore une fois- lâche, comme si c'était indispensable de le préciser et de casser comme ça la féérie qui venait à peine de s'enlever de nos yeux : "putain j'ai trop envie de pisser!" J'hallucine là. J'en peux plus : "Ah mais c'est pas vrai toi, t'en rates pas une!!!"

 

Une quinzaine de malaises pendant la journée et court métrage, une vingtaine pendant le concert.

En mettant un pied devant l'autre, une douleur atroce : je suis (je pense, c'est pas sur) restée sur la pointe de pieds tout le concert, j'ai les pieds en feu, les genoux rouillés aussi, comme les hanches. Elle a chanté 2h20 + 25mn de film et 20mn d'entr'acte. J'en reviens pas. On va dans les gradins pour voir une vue d'ensemble, c'est extraordinaire.

J'en rêve encore... et j'espère pour longtemps.

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