Jazz m'a donné envie de raconter des anecdotes scolaires poilantes, alors allons-y!
Nous sommes en 4°7, madame Marcilhacy (ou quelque chose comme ça), notre prof principale, nous annonce que notre prof de maths sera monsieur Réglade. Ayant une soeur aînée brillante et deux années au dessus, je me renseigne le soir même sur son compte : con ~ comme tous les autres profs l'étaient aussi par définition ~, sale, inrespectable ~ y'a des profs qui sont cons mais devant lesquels on se tait. D'autres pour lesquels c'est pas possible, même avec la meilleure volonté du monde. ~, très drôle, "tu verras".
Le lendemain, à 8 heures moins 2, toute la classe est au courant sur la réputation de ce prof grâce à mes soins. Il arrive à moins 1 ~ le temps est précieux, tu crois qu'il arriverait à la bourre pour nous laisser ne serait-ce que le temps de récupérer notre souffle après le sprint dans les escaliers? Rien du tout oui! Tortionnaire! Et c'est que le deuxième jour! ~ et ferme la porte derrière le dernier. Ses cours sont de plus en plus drôles, on constate très vite qu'il n'a pas du tout d'autorité, et c'est le festival des grandes gueules. Jordane traverse la classe pour aller parler à sa meilleure amie Charlotte, en répondant au regard interrogateur du prof par un signe du genre "Vous inquiétez pas, tout va bien." Les concours de lancer de fusées* font rage, les batailles navales pullulent et les cerveaux flemmardent.
Arrive la saison chaude. L'architecte s'étant soi-disant trompé l'orientation du bâtiment, le soleil n'était pas censé nous arriver en plein figure, comme c'était le cas. Il n'était de plus "réellement pas possible" selon Marie Do Lahitte (la conseillère en éducation : drôle de nom pour cette dame) de poser des rideaux, car "la forme du bâtiment ne le permet[tait] pas"**.
Nous avons donc décidé, en accord avec les 4°2, de faire une résistance protestataire en faisant pression sur le prof de maths, que nous avions en commun, et qui nous parraissait un excellent "porte parole". Il s'agissait de se fabriquer des éventails en papier et d'en user à volonté pendant son cours, jusqu'à épuisement de ses nerfs. Cela a très bien marché. "SSSSSS'il te plaît, veux-tu bien arrêter?" (sur un ton niais et poilant) L'élève alors range son éventail, mais tous les autres continuent, et lorsqu'il pose la question à un autre élève, le dernier interrogé récupère son pliage et remet ça. Il sortait alors de la classe avec un claironnant "Je vais chercher Marie Do puisque c'est comme ça!". On attendait, ravis, que cette dernière arrive, mais elle ne venait pas, puisqu'il n'allait pas la chercher. La seule fois où elle est effectivement venue, c'était parce que le bruit de la classe était tel qu'elle nous entendait depuis son bureau ~ qui lui pour le coup était à la bonne température ~. Sinon, il demandait à parler avec le délégué dans le couloir, qui même sans le soutien actif de la classe se payait sa tronche preque ouvertement.
Ce bon mr Réglade n'a jamais pu nous tenir en respect. Ma petite soeur est arrivée à la maison l'an dernier après sa première journée de cours, et on a fait la liste de ses profs. Je lui ai touché deux mots sur ce prof de maths bien amusant...
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* : Construction et utilisation d'une fusée : Prenez une cartouche d'encre, vide de préférence. Si elle est pleine, videz-la dans la poubelle ou sur le cahier (trop) bien tenu de votre voisine. Coupez le cul de la cartouche. (Gardez la bille, elle servira certainement à la collection d'un élève, c'est vachement à la mode les collections de billes de cartouches, même si ça sert à rien.) Faites quatre entailles en croix de ce même côté, afin d'y insérer les hélices que vous avez préalablement découpées et imbriquées. Découpez Déchirez un coin du cahier de votre voisine et mâchez-le, jusqu'à obtention d'une pâte collante mais non en état de décomposition. Là, sortez le papier de votre bouche et induisez-le de colle UHU. Mettez le papier sur l'embout fin de la cartouche. Vous avez là une splendide fusée. D'un geste svelte, souple et rapide, lorsque le prof de maths a commencé sa rotation vers le tableau ~ celui-ci est trop bête pour bluffer et se retourner d'un coup pour prendre un élève en flagrant délit, contrairement à mon prof de physique de 3°... hum... c'est une autre histoire ~, élancez la fusée avec un mouvement rotatif sur elle-même dans le sens de la longueur afin que son côté collant vienne s'appuyer d'un son mat sur le plafond.
Le concours fonctionnait de cette façon : entre deux personnes ou deux équipes. Lancer un maximum de fusées au plafond dans un temps déterminé, sans se faire choper, et les fusées qui se décollent ne sont pas comptées, ni celles sur le mur.
** : La promo d'après s'est vue installer des rideaux dans chaque classe trop exposée au soleil.
Vos p'tits mots