poèmes de pas-de-moi

Lundi 31 octobre 2005

(Je l'ai découvert hier, il est splendide...)

Le plus jeune, de Paul Eluard.

 

Au plafond de la libellule

Un enfant fou s'est pendu,

Fixement regarde l'herbe,

Confiant lève les yeux :

Le brouillard léger se lèche comme un chat

Qui se dépouille de ses rêves.

L'enfant sait que le monde commence à peine :

Tout est transparent,

C'est la lune qui est au centre de la terre,

C'est la verdure qui couvre le ciel

Et c'est dans les yeux de l'enfant,

Dans ses yeux sombres et profonds

Comme les nuits blanches

Que naît la lumière.

Par extraits de marion
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Mercredi 5 avril 2006

(lam)Rien n'est jamais acquis à l'homme ni sa (rém)force

Ni ses faiblesses (mi)ni son coeur, et quand il croit(lam)

Ouvrir ses bras son (rém)ombre est (lam)celle d'une (mi)croix

(lam)Et quand il veut (rém)serrer son bonheur il le (sol)broie

Sa vie est un (lam)étrange et douloureux(rém) (mi)divorce

Il n'y a pas d'amour (lam)heureux

Sa vie elle ressemble à ces soldats sans armes

Qu'on avait habillé pour un autre destin

A quoi peut leur servir de se lever matin

Eux qu'on retrouve au soir désarmés incertains

Dites ces mots "ma vie" et retenez vos larmes

Il 'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure

Je te porte dans moi comme un oiseau blessé

Et ceux-là sans savoir nous regardent passer

Répétant après moi ces mots que j'ai tressé

Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent

Il n'y a pas d'amour heureux

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard

Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson

Ce qu'il faut de malheurs pour la moindre chanson

Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson

Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare

Il n'y a pas d'amour heureux

 

 

Louis Aragon

Mis en musique par Georges Brassens.

Par Marionette
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Samedi 18 novembre 2006
Voilà un poème de René Char, dans le Nu perdu. Editions Gallimard. C'est une écriture difficile et souvent sombre, mais tellement belle... voilà un petit bout de bonheur.

COUCHE

Nous ne sommes pas une franche volonté, mais l'instrument dévié d'une volonté perfide interposée entre l'obscurité et nous, entre la vigueur le désir et le loyal terme solaire.

Un jour, maudit entre tous, le prêt devint propriété et le don lieu de ruines.

Il ne faut pas offrir la fleur au fruit. A bout d'espoir, il s'y glisserait.

La parole dépourvue de sens annonce toujours un bouleversement prochain. Nous l'avons appris. Elle en était le miroir anticipé.

La terre, ses brouillons de fortune, l'infini, l'indéfini, une impropre souveraineté, l'amour inséparable de ses meurtriers, se consument ensemble et en nous. L'ombre du temps couvre ce secret.

J'ai vécu dehors, exposé à toutes sortes d'intempéries. L'heure est venue pour moi de rentrer, ô rire d'ardoise! dans un livre ou dans la mort.
Par Marionette
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