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mais que m'arrive-t-il?

Dimanche 25 septembre 2005

Quelques points pour les "provinciaux":

Dans toutes les villes de France, les boîtes postales on un trou pour l'étranger, un autre pour le reste de la France et un dernier pour le département. Ici, il n'y en a qu'un pour Paris/banlieue, et un autre pour le reste de la France et l'étranger.

Quand on dit qu'on vient de Bordeaux, les gens disent "ah tu n'es pas de Paris, tu viens de province..."

Quand on cherche son chemin on se fait dévisager.

Quand on pose un pied sur la route quelqu'un nous attrape par le col: "Mais t'es folle ou quoi?!?!?!"

Quand on respire à pleins poumons l'odeur des feuilles mortes tombées des châtaigners, on est pris pour des drogués.

Quand on regarde le nuage de pollution au dessus de la ville, l'estomac se retourne...

Quand on arrive dans une maison ou un resto, il n'y a pas de vraies fleurs mais que du plastique.

Tout cela ne m'empêche pas d'apprécier Paris pour ses théâtres, sa vie, ses monuments, ses musées... et ses quelques habitants que je cotoie!

Mais que faut-il faire pour se sentir chez soi dans cette ville? Pour le moment, je n'y suis pas arrivée, j'espère que ça viendra...

Par extraits de marion
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Mercredi 5 octobre 2005

J'aime rentrer fatiguée. Ca veut dire qu'on m'a vu, qu'on m'a pompé toute mon énergie, que l'on m'ait détestée ou aimée. J'ai tant donné de ma personne qu'il faut que je passe la nuit seule au fond de mon lit à me ressourcer, grâce à des rêves qui resteront bien à moi. Cela afin de rester moi-même et de ne pas avoir besoin de prendre aux autres et m'approprier leurs gestes, leurs rires, leurs pleurs ou leurs mots.

Ce sont les hypocrites qui ne se donnent pas. Ils doivent être bien malheureux. Ils ont tellement avalé goulument les dons des autres qu'ils sont avares et égoïstes, et ont peur de donner d'eux. Leur personnalité est enfouie sous d'épaisses couches de mensonges, de déguisements et de textes empruntés. Ils ne respirent pas. Ils ne profitent pas, puisque tout ce qu'ils recoivent vient s'entasser sur les couches précédament citées.

Chacun a une dose limite de "don" à faire pendant la journée. Si je n'ai pas assez donné, alors je n'arrive pas à dormir. Il faut que je "donne" à tout prix, sinon je ne fermerai pas l'oeil. Ca peut être des pensées, jouer de la musique, écrire, pleurer, danser, chantonner doucement, plein de choses en somme... Mais pas n'importe quoi ni n'importe comment, sinon ça se perd dans le néant. Là, comme on peut aisément le voir, j'écris. Mon rêve est de mourir d'avoir trop donné.

Par extraits de marion
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Vendredi 21 octobre 2005

Aujourd'hui, j'ai mangé ma première orange depuis le début du printemps.

Manger une orange, c'est incroyable.

D'abord, on s'en met partout sous les ongles et on a les doigts parfumés pendant toute une journée. Ensuite, comme ça fait très longtemps qu'on en a pas mangé, on oublie de l'éloigner du visage et on se prend une giclée acide dans l'oeil. Puis on la trouve très poilue, alors on la plume, on lui enlève chaque petit fil, en oubliant que au bout de la 3eme orange, on ne le fera plus, par flemme. Arrive le moment on on la sépare en quartiers. Là, comme on n'avait pas fait la blagounette depuis longtemps, même si on est tout seul, on la sépare en deux et on met une moitié coincée entre les dents et les lèvres. On se regarde dans la glace et on fait des grimaces : ssssssmack, prrrrrout, hihihihihihi, grrrrrrrrrrr... etc. Une fois qu'on a bien fait l'idiot, on la mâche à grand peine en se disant que c'était p't'être pas la peine d'en mettre autant dans sa bouche. Une fois cette moitié avalée, on mange l'autre moitié quarier par quartier en appréciant les picotements que l'acide fait dans les joues et sur le palais.

Par extraits de marion
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