Comme promis mais un peu en retard, voilà un mini-récit de ce week-end magnifique passé là-bas, chez moi.
Vendredi matin, on se retrouve comme prévu gare du Nord avec ma cousine Odile. J'arrive 10 minutes en retard ~ j'ai oublié ma valise en partant, j'ai du faire marche arrière, etc... ~ mais heureusement elle est déjà là, je la rejoins dans la file en grugeant quelques personnes. Sitôt montées dans le train, il démarre.
Son copain de lycée, André, qu'elle n'a pas revu depuis 2 ans et avec qui elle a fait pas mal de dégâts à l'internat, nous rejoint en gare d'Amiens. Pour elle, c'était l'angoisse à l'idée de le retrouver ; pour moi, je découvrais enfin le zigoto si inventif en matière de conneries dont elle me parlait depuis si longtemps ~ grand respect ~.
On arrive à la gare.
Igloo et Nico sont censés arriver deux heures plus tard avec leurs vélos, alors on décide de leur laisser un plan dessiné à l'arrache sous un pot de fleurs dans la gare, et de partir devant en stop pour préparer la maison. Plan gribouillé, raturé, râté quoi, on laisse juste un numéro de portable ~ bien que tout le monde sache pertinemment qu'il n'y a PAS de réseau au Marquenterre ~, finalement jeté à la poubelle par le gardien de la gare.
On a dû marcher 2 bons kilomètres, jusqu'à ce que le bus ne passe ~ Miracle! Il y a donc des bus ici?! ~ et nous avance jusqu'à la moitié du trajet à peu près. On a remarché un kilomètre, puis on s'est posés sur le bord du chemin en attendant que quelqu'un passe. Ce sont des allemands qui nous ont pris ~ tous les trois et avec bagages et tout ! ~ et nous ont amené jusque devant la maison. Les autres sont arrivés à 15h sans se perdre, ce qui veut dire qu'ils ont mis deux fois plus de temps que prévu à cause du vent. Oui, ça souffle dur là-bas...
On est allés voir la mer une fois les bagages posés dans les chambres. Petite balade de 3h environ, dans les dunes et entre les pins, on a vu une bonne trentaine de mouflons, il faisait très beau, et André a même fait goûter l'eau à Odile, qui a dû se mettre un pull en guise de jupe pour ne pas attraper une solide crève. Ils avaient tous les deux les bas de pantalons trempés et pouvaient donc marcher dans l'eau sans avoir à prendre le soin de se déchausser. On est allés jusqu'au blockauss, situé à la limite entre les dunes et la mer. Quelle beauté... des grenouilles, des oiseaux ~ bergeronettes cendrées, hérons... ~ encore des mouflons, mais on n'a pas vu de sangliers. Ils ne sortent qu'au crépuscule. On est rentrés cassés mais ravis. Dîner rapide et feu de camp dehors jusqu'à minuit. Soirée superbe... Puis le Bossu ~ avec Auteuil et Luchini ~ devant la télé pour les plus courageux, et vous pensez bien que je l'ai regardé jusqu'à la fin.
Le lendemain, on déjeune vite fait, et on se prépare pour aller... au resto... au Crotoy. Voilà le chemin qu'on devait faire : ...
Ce qui représente presque 12 kilomètres puisqu'on allait jusqu'au port. On était donc 5. On a décidé de faire deux groupes. Celui de trois personnes (Odile André et moi) partent devant, celui de 2 (Igloo et Nico) derrière, pour avoir un mec dans chaque groupe. J'arborrais des sourires radieux et une patate d'enfer mais en fait, ça ne marche pas si bien que ça... Les deux se sont fait prendre au bout de 3 kilomètres environ. Et nous... et ben on a marché. Tous les gens du coin, seuls dans leur 4x4 ou leur camionette, passaient le plus vite possible devant nous ~ avec un rire narquois intérieur que l'on pouvait aisément deviner sur leur visage ~. Les touristes se contentaient de nous sourire en nous montrant l'intérieur de leur Espace complètement bondé de bagages et de gamins braillants. On a mis deux heures à arriver à la Bonne Franquette. Je peux vous dire qu'on est arrivés au resto sur les rotules, l'estomac dans les talons et les boules jusque par terre! Après avoir vidé toutes les tables alentour de leur pain/beurre, on a pris la commande : du crabe, de la ficelle picarde, des crevettes, des moules avec des frites, et André a eu le courage de prendre un banana split qu'on a dévorés tous ensemble, puis un café pour couronner le tout. En gros, on s'est fait péter le bide.
Sur ce, il se met à pleuvoir.
Il est 16h30 quand on termine.
On sort, les garçons achètent du whisky, on sort toutes nos capuches et on decend dans la rue. Dans le village, je lève mon pouce gauche sans une once d'espoir ~ ce qui fait beaucoup rire mes deux comagnons de marche d'avant le repas ~ et OH! C'est pas vrai! Une jeune fille s'arrête. "Vous êtes certaine que vous voulez bien nous prendre, hein?" Je n'y croyais pas. Elle peut prendre 4 personnes, on monte à 3 et les deux autres marchent. Elle connaît Odile, elle l'a même reconnu. Quelle veine ! Jeune fille super gentille qui nous pose... devant la maison. Je prends mon téléphone et apelle les deux autres, certainement en galère sur la route: "Vous êtes où? Vous voulez qu'on vienne vous chercher en vélo?" Ils ont été pris 5 minutes après nous, ils arrivent. Le pied. Inespéré. Incroyable. Fantastique. Grandiose. Vive la langouste (?).
On fait un Monopoly, tout en mangeant le paquet de carembars destiné aux petits cousins qui arrivent la semaine prochaine. Odile triche elle est insupportable mais on rit bien. Le soir, on va marcher dans la nuit, entre les sangliers silencieux qui nous guettent. On rit beaucoup. Souvenirs. Je pleure en silence, dans le noir...
On revient à la maison, on discute longuement dans la cuisine puis chacun part se coucher au fur et à mesure.
Le lendemain matin ne se passe pas très bien. André part très tôt, car il avait des impréatifs, il est venu nous dire au revoir vers 7h ~ les adieux n'étaient pas déchirants mais plutôt ensommeillés... c'est pas plus mal ~. Nico a persuadé Igloo de rester encore, alors qu'elle avait un repas de famile qui lui tenait à coeur, et elle n'a pas su lui dire non et prendre ses bagages... Larmes et consolations des deux côtés, retrouvailles... on déjeune tous ensemble et j'obtiens qu'on parte voir la mer une dernière fois ~ pour le coup j'ai réussi à me faire entendre!!! ~. Il fait très beau, on discute du week end avec Odile, on s'allonge dans le sable derrière une dune, à l'abri du vent... Les retrouvailles Odile-André ne pouvaient pas mieux se passer. Sans amour mais avec la même complicité qu'il y a deux ans.
On a reprit le train, mais pas dans la même direction. Odile est restée avec ses parents et son frère. J'ai oublié ma valise ~ oui, encore. ~ mais mon cousin préféré l'a pris avec lui en retrant sur Paris le lendemain. Heureux hasard pour une tête passoire comme la mienne.
Ajoutons à cela le bruit de la mer, le sel dans les cheveux, l'odeur de l'herbe, les colliers de marguerites, le feu de camp, le sable entre les orteils, les fesses mouillées par le sol humide, et tout le reste... nous y feront une fête de famille, plus tard.
Nager dans les eaux troubles des lendemains
Attendre ici la fin...
Flotter dans l'air trop lourd du 'presque rien'
A qui tendre la main?
Mylène Farmer
Vos p'tits mots